dimanche 14 août 2011

Chili : vers une union civile pour les couples hétérosexuels et homosexuels ?

Sebastian Pinera reste opposé au mariage homosexuel.
« Il n’y a qu’une seule forme de famille mais il en existe plusieurs expressions et toutes méritent le respect, la dignité et le soutien de l’Etat. » Voilà les termes utilisés cette semaine par le président chilien Sebastian Pinera (droite) après avoir signé le projet de loi sur l’AVC (l’Accord sur la vie en commun). Un projet de loi qui comprend une série de mesures d’aides à la famille et qui vise une reconnaissance civile de l’union libre des couples, y compris homosexuels. Un peu sur le mode du PACS français (le Pacte civil de solidarité), l’AVC chilien permettrait notamment aux membres de ces couples d’hériter ou encore de bénéficier d’une couverture sociale.  


Le gouvernement chilien doit maintenant présenter ce projet de loi au Parlement et les débats risquent d’être houleux dans un pays ultra-majoritairement catholique. La présentation du projet par le Président a d'ailleurs déjà été boycottée cette semaine par les leaders des deux partis de la majorité, Carlos Larrain (Rénovation nationale, droite) et Juan Antonio Colona (UDI, conservateurs). Un député de l’UDI, Gonzalo Arenas, s’est pour sa part empressé de dénoncer un  gouvernement « capable de vendre sa mère pour remonter dans les sondages. Le Président n’écoute même pas les membres de ses partis alliés. Il écoute les étudiants. »

Une cote de popularité en chute libre

L’annonce de Pinera intervient alors que sa cote de popularité est au plus bas depuis son élection en 2010 et le retour de la droite au pouvoir après 20 ans de centre-gauche. Avec seulement 26 % d’opinions favorables, le président chilien semble en fait totalement coupé de la jeunesse comme en témoignent les manifestations étudiantes de masse depuis trois mois.

Si son annonce peut être vue comme un moyen de redorer son blason auprès des jeunes, il n’en reste pas moins que l’adoption du projet de loi sur l’AVC – par ailleurs un des thèmes de campagne de Pinera en 2010 – marquerait une avancée significative pour les droits des homosexuels dans cette région la plus catholique du monde qu’est l'Amérique Latine. Seuls l’Uruguay et la Colombie y reconnaissent les unions civiles (hétérosexuelles). L’Argentine, elle, fait clairement figure d’exception depuis qu’elle reconnaît le mariage civil homosexuel (2010).

samedi 13 août 2011

France : les manuels scolaires aborderont dès la rentrée la question de l'orientation sexuelle. Polémique.

Quelques paragraphes et une polémique qui enfle dans l'Hexagone à quelques semaines de la rentrée scolaire. La Direction générale de l’enseignement scolaire a décidé de sensibiliser les lycéens de Première L et ES à la question du genre et de l’orientation sexuelle en insérant dans tous les manuels de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) un chapitre intitulé « Devenir homme ou femme ». Dans l'ouvrage édité par Bordas (il y a cinq éditeurs différents), on peut lire que « l’identité sexuelle – le fait de se sentir homme ou femme – dépend du genre conféré à la naissance et du conditionnement social. (…) L’orientation sexuelle, quant à elle, relève de la sphère privée. Je peux être un homme et être attiré par les femmes mais je peux aussi me sentir 100 % viril et être attiré par les hommes ». Le nouveau chapitre a donc notamment pour but de différencier clairement identité de genre et orientation sexuelle afin de lutter contre les stéréotypes et les préjugés qui empoisonnent souvent la vie des personnes homosexuelles.



Les insultes et comportements homophobes sont légion
en milieu scolaire.

Mais ces quelques paragraphes passent mal pour une partie de la droite catholique qui souhaite ni plus ni moins boycotter les livres afin que cette partie du programme soit définitivement retirée. L’association « Familles de France » a d'ailleurs récemment envoyé une lettre sans équivoque au président français Nicolas Sarkozy : « Vous connaissez parfaitement la théorie du genre. Cette idée philosophique, contestable s'il en est, nous revient des milieux féministes d'outre-Atlantique. » Et d’ajouter : « Les familles ont parfaitement compris les objectifs des concepteurs : orienter les jeunes vers des expériences sexuelles diverses, considérant que le sexe social est plus important que le sexe biologique. »

De son côté, la fédération SUD Etudiant se « réjoui de l’avancée dans la lutte contre les discriminations ». Elle dénonce « les réactions de certains courants religieux et réactionnaires qui tentent de faire pression sur le gouvernement afin de supprimer le chapitre ». Au ministère de l’Education Nationale, on tape du poing sur la table et on s’agace d’une polémique qui dure et qui n’a « pas lieu d’être ». On renvoie à une déclaration tenue le mois passé par le ministre de l’Education Nationale Luc Chatel : « Les programmes se contentent d'affirmer la distinction entre l’identité sexuelle, qui relève de la sphère publique, et l’orientation sexuelle, qui relève de la sphère privée, avec l'objectif de lutter contre les préjugés, ce qui correspond aux valeurs de la République que l'Ecole transmet. »

Epinglé : A mille lieues de la France, la lutte contre l'homophobie commence dès l'école primaire à Berlin où le Sénat vient de mettre en place un vaste programme de lutte contre les disciminations liées à l'orientation sexuelle : http://www.tetu.com/actualites/international/a-berlin-la-lutte-contre-lhomophobie-commence-a-lecole-primaire-19991

A la Une du Monde - 11/12 septembre 2011 :

 






 Les paragraphes qui font polémique dans le manuel édité par Bordas :