jeudi 24 mai 2012

Pourquoi nos dirigeants doivent boycotter l'Euro de football



Le président de l’association LGBT Gay Forum of Ukraine se fait tabasser par des inconnus à l’issue de la conférence de presse durant laquelle il vient d’annoncer l’annulation
de la première Gay Pride d’Ukraine, dimanche 20 mai. © REUTERS


EDITO –– Le monde peut-il, à l'occasion d'une compétition sportive, avoir les yeux rivés vers un pays qui ne respecte pas les droits de l’Homme sans que cela ne soit dénoncé ? Car c’est bien cette question qu’il faut se poser au moment où l’Union européenne apparaît divisée sur l’opportunité d’un boycott de l’Euro 2012 en Ukraine. Au moment aussi où le Premier ministre polonais, Donald Tusk, dont le pays co-organise l’événement, vient de se réjouir d’avoir convaincu « presque tous » ses homologues intéressés par le football de venir assister aux rencontres.

Si la question du boycott s’est posée, c’est pour protester contre la situation de l’opposante et ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko. Détenue dans l’une des quatre villes ukrainiennes qui accueilleront l’Euro de football du 6 juin au 1er juillet, elle serait victime de mauvais traitements.

Mais d’autres événements sont passés sous silence, qui justifieraient largement le boycott de la compétition sportive. Dimanche, la première Gay Pride de Kiev, la capitale ukrainienne, a dû être annulée en dernière minute. En cause : la présence massive de contre-manifestants et le manque cruel de protection policière. Après la conférence de presse annonçant l’annulation de la marche, le président de l’association LGBT Gay Forum of Ukraine fut littéralement tabassé par des inconnus qui ont pris la fuite en réalisant qu’ils étaient entourés de journalistes.

Pour Amnesty International, il était clair dès le début que la police de Kiev ne voulait pas que ce rassemblement ait lieu. Car si les forces de l’ordre ne sont pas capables d’assurer la sécurité d’une Gay Pride, comment le seraient-elles pour un événement comme l’Euro de football ? Les hooligans, tant redoutés dimanche par la police, seront pourtant bien plus nombreux…

La réalité est qu’il s’agit d’un choix politique. Que l’on ne peut que déplorer. Pourquoi la police sécuriserait-elle une marche des fiertés alors que le Parlement ukrainien doit bientôt examiner une proposition de loi interdisant la publication d’informations relatives à l’homosexualité et prévoyant des peines de prison pour ceux qui braveraient l’interdit ?

Lorsque les supporters feront résonner les stades à coups de cris et de chants, les dirigeants qui auront fait le choix de se rendre sur place devront penser à toute cette frange de la population réduite au silence. Privée, elle, de rassemblement.

jeudi 17 mai 2012

Rapport "SOS homophobie" : le temps de l'homophobie ordinaire et de proximité


Ce jeudi 17 mai se tient comme chaque année la journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Une date symbolique puisque le 17 mai 1990, l’Organisation Mondiale de la Santé retirait l’homosexualité de la liste des maladies mentales. L’association française SOS homophobie vient de publier son rapport annuel 2012. Un document de plus de 150 pages qui aide à mieux cerner le phénomène et ses évolutions et dont voici les grandes lignes. 
1 556 témoignages reçus en 2011. C’est la première fois que l’association enregistre autant de signalements depuis la publication de son premier rapport sur l’homophobie en 1997. C’est une augmentation de 5 % par rapport à 2010 mais le rapport nuance. La hausse du nombre d’actes signalés n’est pas forcément liée à une augmentation des actes homophobes. La meilleure visibilité de l’association et le fait que les victimes osent davantage témoigner sont des facteurs à prendre en compte.
C’est Internet qui véhicule le plus l’homophobie malgré un recul de la part de témoignages qu’il représente. 17 % des cas recensés dénoncent une homophobie de la part d’internautes ou de responsables de sites. Le rapport publié cette semaine marque par ailleurs le retour des contextes « travail » (13 %, + 36 %), « famille-entourage proche » (13 %, + 36 %) et « voisinage » (12 %, + 32 %).
Plus d’un témoignage sur trois fait état d’une parole, d’une violence ou encore d’une discrimination homophobe subie dans le cadre de la vie quotidienne de la victime. Des données qui amènent l’association à tirer la sonnette d’alarme. S’il n’est plus question de répression officielle de l’homosexualité, la réprobation officieuse et quotidienne est toujours bien là. SOS homophobieévoque à ce propos un phénomène plus subtil et insidieux : l’homophobie ordinaire (et parfois inconsciente). Il s’agit là d’une forme de rejet beaucoup plus difficile à combattre que l’homophobie flagrante. Pour l’association, c’est le travail de prévention (en milieu scolaire [5 % des témoignages, + 45 %], dans le grand public et auprès des institutions publiques) qui permettra de lutter contre cette homophobe ordinaire.

Campagne "SOS homophobie"

8 jours d’interruption de travail
Plus de la moitié des témoignages (51 %) font part d’insultes. Les agressions physiques augmentent par ailleurs de 22 %, à 11 %, et elles s’accompagnent de harcèlement dans 19 % des cas. Parmi les victimes d’homophobie qui ont contacté l’association, 27 ont fait constater leurs blessures auprès des urgences médico-judiciaires, cumulant 225 jours d’interruption temporaire de travail, soit en moyenne plus de 8 jours par victime.
Les agressions dans les lieux publics représentent près de la moitié des agressions physiques (47 %). Les témoignages reçus par l’association indiquent dans la majorité des cas que ces agressions sont uniquement motivées par l’homophobie. Le profil de l’auteur de l’agression est masculin dans 78 % des cas. Les femmes, elles, interviennent quasi uniquement dans le cercle familial ou le voisinage même si l’association a tout de même reçu trois témoignages d’agressions commises par des femmes dans des lieux publics.
La lesbophobie ou le règne de l’invisibilité
En 2011, l’association a reçu 246 témoignages de lesbiennes victimes d’homophobie ou plus précisément de lesbophobie (ce mélange de sexisme et d’homophobie). Un nombre en nette augmentation mais qui ne représente qu’une petite partie du nombre total de témoignages reçus (16 %). Une faible proportion que l’association explique par le fait que beaucoup de lesbiennes ont encore du mal à se définir comme victimes. Le sexisme étant bien souvent intériorisé dans notre société, l’homophobie qui vient s’y greffer n’est pas toujours clairement identifiable. Par ailleurs, le fait de rendre les lesbiennes invisibles les empêche parfois de nommer ce qu’elles subissent.
L’année 2011 marque tout de même une explosion des témoignages dans les lieux publics. La violence apparaît en général lorsque les agresseurs s’aperçoivent que les femmes sont réellement en couple et que ce n’est pas un jeu. Le rapport pointe à ce sujet ce trait spécifique de la lesbophobie qu’est la dérision de la sexualité entre femmes.

Le rapport complet est disponible à l’adresse suivante :


                                                    Maëlle Le Corre – www.yagg.com



jeudi 10 mai 2012

Etats-Unis : pourquoi le "oui" d'Obama au mariage n'est que symbolique

EDITO –– Un président des Etats-Unis en exercice qui se déclare en faveur du mariage homosexuel, cela  ne devait pas passer inaperçu. Dès l’annonce de Barack Obama, ce mercredi 9 mai, les réactions ont commencé à pleuvoir. Il faut dire qu’il est le premier ruling President à prendre ainsi position pour une telle évolution sociale. Certains, au sein de la communauté homosexuelle, n’ont d’ailleurs pas pu retenir leurs larmes.
Mais s’il va de soi que cette déclaration est importante et différencie clairement Obama de son très probable rival à l’élection présidentielle de novembre, le républicain Mitt Romney, elle relève davantage du symbole. Et si les symboles sont certes très importants et nécessaires, ils ne doivent pas occulter la réalité.
Une réalité qui, aux Etats-Unis, est loin de susciter l’euphorie. Sur les 50 Etats que compte le pays, seulement 6 ont légalisé les unions entre personnes de même sexe et 31 ont amendé leur Constitution pour les interdire. Dernier en date, la Caroline du Nord, dont les électeurs ont approuvé ce mardi un amendement qui interdit même les unions civiles homosexuelles. Un amendement qui menace par ailleurs tous les couples n’étant pas mariés de ne plus pouvoir bénéficier, notamment, d’une couverture santé pour leurs enfants.
On voit bien que c’est au niveau de chaque Etat que tout se joue. Tant que Barack Obama ne jugera pas que les questions fondamentales liées aux droits de l’Homme doivent être tranchées au niveau fédéral, chaque Etat pourra continuer à faire passer des textes contraires à la Constitution et en l’occurrence ici à son XIVe amendement qui prévoit une « égale protection de la loi pour tous ».
En 1967, la Cour Suprême avait déclaré qu’aucun Etat ne pouvait interdire les mariages interraciaux parce que « le mariage est l’un des droits fondamentaux de tout être humain ». Aujourd’hui, c’est cette même Cour Suprême qui devrait se faire entendre à propos du mariage homosexuel.
                              

mercredi 2 mai 2012

Saint-Pétersbourg : les 17 personnes arrêtées seront convoquées devant un tribunal

Dix-sept personnes portant des drapeaux arc-en-ciel et des affiches « pour l’égalité des droits » ont été interpellées ce mardi 1er mai en marge de manifestations pour célébrer la fête du travail à Saint-Pétersbourg. « Au moins 17 personnes ont été interpellées », a déclaré Iouri Gavrikov, leader de la branche locale de GayRussia à Saint-Pétersbourg. Ces personnes ont été interpellées au motif qu’elles ont « violé la loi interdisant la propagande homosexuelle » en vigueur dans la deuxième ville de Russie depuis fin février, a-t-il expliqué.
La police a confirmé qu’il y avait eu des interpellations de membres de la communauté homosexuelle, sans plus de précisions. M. Gavrikov a déclaré dans la soirée de mardi que toutes ces personnes avaient été relâchées à l’issue de la garde a vue et qu’elles seraient convoquées prochainement devant un tribunal.
Pour rappel, une loi votée par l’assemblée de Saint-Pétersbourg fin février punit les auteurs de tout « acte public » faisant la promotion tant de l’homosexualité que de la pédophilie. Un texte vivement dénoncé à travers le monde par les défenseurs des libertés comme faisant un amalgame entre homosexualité et pédophilie, et comme un moyen de répression des minorités sexuelles (lire l'article du 26 février).

(Avec AFP)




Une des très rares vidéos des incidents de ce 1er mai.


mercredi 11 avril 2012

France : les droits des LGBT dans le clip de François Hollande

Les dix candidats à l'élection présidentielle en France ont dévoilé ce lundi leur clip de campagne. Et François Hollande (PS) est le seul à y avoir intégré l'égalité des droits pour les personnes homosexuelles. Juste après avoir parlé du droit des enfants, le candidat parle d' « une France où le droit de chacun s'appuiera sur l'égalité de tous ». On voit alors défiler une banderole de l'Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens (AGPL) pour les droits des homoparents. Un drapeau arc-en-ciel géant apparaît aussi à l'écran. 





lundi 2 avril 2012

Etats-Unis : les incroyables révélations sur la stratégie du lobby anti-mariage gay

Les documents qui viennent d’être rendus publics devaient absolument rester confidentiels. Et pour cause. On y apprend la stratégie pour le moins tordue de la National Organization for Marriage (NOM), le lobby anti-mariage gay aux Etats-Unis, pour dresser les afro-américains et les latinos contre les gays. 
La feuille de route de la NOM, datée de 2009 et mise au jour la semaine passée par l’organisation LGBT Human Rights Campaign après une enquête de l'Etat du Maine sur le lobby, préconise de « créer un fossé entre les gays et les Noirs », présentés comme « deux électorats démocrates clés ». La NOM invite ses militants à « localiser, équiper, dynamiser et mettre en réseau » les opposants au mariage pour tous au sein de la communauté afro-américaine. Objectif de cette stratégie : « amener la base pro-mariage gay à dénoncer ces porte-parole comme sectaires. » Ce qui permettra ensuite à l'organisation de qualifier les milieux LGBT de racistes et de discréditer ainsi leurs revendications.

Boycott de Starbucks

La NOM tente aussi d'instrumentaliser la communauté latino. Un autre document, révélé lui aussi dans le cadre de l'enquête de l’Etat du Maine, explique qu’il faut « interrompre le processus d’assimilation des latinos en faisant du soutien au mariage traditionnel un emblème de leur identité, un symbole de résistance à une assimilation inappropriée ».
La révélation de ces différents documents enfonce encore un peu plus l'organisation, déjà dans la tourmente ces derniers temps. Sous le coup d’une enquête pour financement illégal, le lobby a par ailleurs échoué lors de ses dernières actions publiques. Une récente tentative de boycott des cafés Starbucks en raison de leur soutien aux revendications LGBT a lamentablement échoué. 



La campagne de l'organisation qui appelle au boycott des cafés Starbucks
en raison de leur soutien aux revendications LGBT

(SSM = Same Sex Marriage).


Un des documents rendus publics :

mardi 27 mars 2012

Slovénie : le nouveau code de la famille recalé par référendum

Les résultats du référendum qui s’est tenu dimanche en Slovénie sont encore partiels mais on sait déjà que c’est le « non » qui l’a emporté contre toute attente. La consultation a été marquée par un très faible taux de participation (moins de 30 %) et alors que 80 % des bulletins de vote ont été dépouillés, le « non » l’emporte avec  56,73 %. 42,27 % des électeurs ont voté pour la loi.
Les Slovènes étaient en fait amenés à se prononcer sur un nouveau code de la famille qui offrait, entre autres, plus de droit aux personnes homosexuelles, notamment en matière d’adoption. Ces derniers pouvaient obtenir « le même statut légal » que les couples hétérosexuels mariés, y compris en matière d’héritage et de fiscalité. Le texte permettait aussi à l’un ou l’une des deux partenaires d’adopter l’enfant de l’autre.

Au placard pendant un an

La faible participation a sans conteste avantagé les conservateurs, hostiles au texte, et qui ont tendance à mieux mobiliser leur électorat. Le nouveau code de la famille avait été adopté l’année passée lors de la précédente législature, de centre-gauche,  mais il n’a jamais pu être appliqué en raison de la forte mobilisation de groupes civils conservateurs. Ces derniers avaient finalement obtenu les 40 000 signatures nécessaires à l’organisation d’un référendum devant décider de l’application ou non du texte.
Le « non » de ce dimanche aura une conséquence immédiate : le Parlement ne pourra rediscuter du texte que dans un an.


(Avec AFP)


Le président slovène, Danilo Türk, a remis implicitement en cause, dimanche, la pratique des référendums.


jeudi 22 mars 2012

France : marche arrière de François Hollande sur la PMA

Les célibataires finalement exclues du droit à la procréation médicalement assistée dans le projet du candidat socialiste


Le candidat socialiste à la présidentielle 
a accordé un entretien au magazine Têtu.


Photo : AFP

A l’époque où il était candidat à la primaire socialiste, François Hollande se disait prêt à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) « à toutes les femmes », tant aux couples qu’aux célibataires. Aujourd’hui, ce droit est réservé aux couples hétérosexuels infertiles.
Dans sa réponse à un questionnaire de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), il se dit maintenant favorable à l’ouverture de ce droit uniquement pour « les couples de femmes ». « François Hollande reste dans un schéma traditionnel de la famille qui s’inscrit dans un couple alors que les familles monoparentales existent et que les célibataires peuvent adopter », réagit Mathieu Nocent, porte parole de l’APGL.
La réponse du candidat socialiste à la présidentielle reste cependant (volontairement ?) ambiguë. « Une femme doit pouvoir recourir à l’assistance médicale à la procréation, soit parce qu’elle ne peut pas avoir d’enfant, soit parce qu’elle ne souhaite pas avoir une relation avec un homme », écrit François Hollande.

Un autre pas en arrière sur la gestation pour autrui

Le candidat recule aussi sur le thème de la gestation pour autrui (GPA). Alors que François Hollande, bien qu’hostile à la cette pratique, envisageait alors qu’il n’était pas encore le candidat officiel du PS pour l’élection présidentielle la reconnaissance par l’état civil des enfants nés de mères porteuses à l’étranger, il déclare à présent au magazine Têtu du mois d’avril : « Si j’ouvrais cette question-là, ça pourrait être finalement une facilité donnée à la gestation pour autrui. » Avant de renvoyer la question à un « débat » ultérieur. 



samedi 17 mars 2012

Etats-Unis : le colocataire de Tyler Clementi jugé coupable


Dharun Ravi invitait sur Twitter d'autres
personnes à visionner en direct
les ébats de son colocataire.
Dharun Ravi, qui avait espionné par webcam son colocataire homosexuel avant que ce dernier mette fin à ses jours en l'apprenant, vient d'être condamné par une Cour du New Jersey. Il risque jusqu'à 10 ans de prison, reconnu coupable de 15 chefs d'accusation dont les plus graves sont l'intimidation motivée par un préjugé et la violation de la vie privée. Âgé aujourd'hui de 20 ans, Dharun Ravi n'a par contre pas été reconnu directement responsable du suicide de son colocataire.
Les faits remontent à 2010. Dharun, étudiant indien qui vient réaliser une partie de ses études à l'université de Rutgers, aux Etats-Unis, partage alors une chambre pour quelques semaines avec Tyler Clementi, 18 ans. Un soir, Dharun cache une webcam dans leur chambre pour filmer les ébats de son colocataire avec un homme. Une vidéo retransmise en direct sur Internet et largement commentée sur Twitter. "Roommate asked for the room till midnight. I went into Molly’s room and turned on my webcam. I saw him making out with a dude. Yay." Voilà le tweet posté par Dharun ce soir-là. Quelques jours plus tard, le 22 septembre 2010, Tyler décide de mettre fin à ses jours en sautant du haut du pont George Washington.

Prévenir de futurs cas de "cyberbullying"

Après les faits, Dharun Ravi aurait tenté de faire pression sur des témoins et de dissimuler des preuves. Une attitude qui pourrait lui coûter cher. Il  sera quoi qu'il arrive fixé sur sa peine le 21 mai prochain. Le père de Tyler quant à lui n'a pas commenté la condamnation. Il espère simplement que ce drame serve à prévenir de futurs cas de "cyberbullying", cet harcèlement via la Toile et principalement via les réseaux sociaux. Les observateurs du procès ont à ce sujet regretté que la problématique ait été absente des débats au tribunal.



dimanche 26 février 2012

Saint-Pétersbourg : les touristes, ultime arme contre la loi liberticide

Des millions de touristes étrangers visitent
Saint-Pétersbourg chaque année.
Les associations de défense des droits de l'Homme sont sur la brèche. Ce mercredi, le parlement local de Saint-Pétersbourg, deuxième ville de Russie, doit approuver en troisième et dernière lecture le désormais tristement célèbre projet de loi criminalisant les faits de "propagande homosexuelle". Autrement dit, le texte devrait prendre cette semaine force de loi. Parler d'homosexualité sera dorénavant passible d'une amende pouvant grimper jusqu'à 1 200 euros.
Ce climat nauséabond provoque un tollé depuis plusieurs mois en Russie et à travers le monde (lire à ce sujet les articles des 21 novembre et 27 décembre). Cette semaine, la mobilisation se renforce encore avec des actions organisées ce mardi un peu partout en Europe mais aussi à Rio, Sydney, Buenos Aires ou encore New York. 
Chez nous, un "flash mob" est prévu ce mardi 28 février à la gare d'Anvers à 17h50. Organisé conjointement par Outrage! et Het Roze Huis - çavaria Antwerp, qui reprennent l'appel lancé par la communauté mondiale en ligne All Out, il a pour but d'éveiller les consciences et d'inviter les touristes à ne plus se rendre à Saint-Pétersbourg. Voilà qui pourrait faire réfléchir les autorités de la ville au moment de se prononcer sur cette loi liberticide. 



Toutes les infos sur le "flash mob" d'Anvers ici.

La pétition qui sera remise au gouverneur de Saint-Pétersbourg ici.


mardi 24 janvier 2012

Finlande : le candidat écologiste Pekka Haavisto se qualifie pour le second tour de la présidentielle

Pekka Haavisto (à gauche) avec son compagnon,
lundi, après l'annonce des résultats.
Il a véritablement créé la surprise. Alors qu’il n’était crédité que de 6 % par les sondages, le candidat de la Ligue Verte, âgé de 53 ans, a finalement remporté 18,8 % des voix dimanche, lors du premier tour de l’élection présidentielle. Favorable à l’Union européenne, défenseur de l’environnement et de d’égalité sociale, il était encore dans l’ombre en décembre.
Pekka Haavisto siège pourtant au Parlement finlandais depuis 1987. Il a été ministre de l’Environnement de 1995 à 1999 et conseiller pour l’Union européenne et les Nations Unies dans le cadre des négociations de paix au Darfour.
Il affrontera lors du second tour organisé le 5 février le favori Sauli Niinistö, représentant du parti conservateur. Ce dernier est arrivé largement en tête dimanche avec 37 % des voix. Mais même si les reports de voix devraient en toute logique avantager le candidat conservateur, le suspense n’est pas clos. M. Haavisto bénéficie en effet d’une très grande vague de sympathie, notamment sur les réseaux sociaux. L’écart entre les deux hommes pourrait donc être bien moins important lors du second tour.


"La bataille commence maintenant", titrait lundi
le quotidien "Lapin Kansa" de Rovaniemi.



dimanche 1 janvier 2012

Hongrie : le "retour à l'ordre moral" entre en vigueur

Le conservateur Viktor Orban
se taille une Constitution sur mesure.
La nouvelle Constitution hongroise, fortement décriée pour ses accents très nationalistes, est entrée en vigueur en ce premier jour de l’an. Voulue par le Premier ministre conservateur Viktor Orban, du parti Fidesz, elle instaure des réformes très controversées. Parmi celles-ci, des références directes à Dieu, au christianisme et à la famille traditionnelle. Le mariage y est par exemple défini comme « l’union de base la plus naturelle entre un homme et une femme », le but avoué étant d’empêcher l’autorisation des mariages homosexuels et ce quelles que soient les majorités politiques futures. En inscrivant ces principes dans la Constitution, Viktor Orban sait effectivement qu’ils ne pourront être modifiés que par une majorité des 2/3 des députés. Et il est très peu probable à l’avenir qu’un gouvernement issu de l’opposition dispose d’une telle majorité.  
Depuis qu'il est arrivé au pouvoir, ce juriste de formation n’a jamais caché son intention de remodeler le pays à son image, suscitant à plusieurs reprises les craintes de l’Union européenne. Lorsqu’il annonce son projet de refonte de la Constitution, une modification que certains décrivent comme un « retour à l’ordre moral », les inquiétudes se font encore plus pressantes.   
Il faut dire qu’au-delà de la référence à la famille traditionnelle, la nouvelle Constitution hongroise qui entre en vigueur aujourd’hui touche aussi à d’autres domaines de la vie privée. Elle décrète notamment que l’embryon est un être humain dès le début de la grossesse. Un article qui fait craindre à plusieurs mouvements issus de la société civile et à l’opposition que l’avortement sera désormais rendu très difficile.

Un appareil d'Etat noyauté par les conservateurs

Outre ces restrictions qui touchent au plus près la vie privée des Hongrois, on épinglera aussi cette réforme très controversée de la Banque centrale. Une réforme qui risque de réduire l’indépendance de l’institution. En rendant constitutionnelle la loi sur « la stabilité financière », Viktor Orban grave dans le marbre le taux unique de 16 % de l’impôt sur le revenu, ce qui rendra à l’avenir très difficile l’instauration de mesures fiscales urgentes pour faire face à un déficit public éventuellement en chute libre.
Mais ce n’est pas tout. Viktor Orban prend aussi grand soin d’installer des proches à tous les hauts postes de l’appareil d’Etat (dans les secteurs de la police, de l’économie, de la justice, de l’armée…). Des proches dont beaucoup disposent d’un mandat de neuf, voire douze ans. Un futur gouvernement d’une autre couleur politique sera par conséquent confronté à un appareil d’Etat hostile, entièrement aux mains du Fidesz.
Par ailleurs, la nouvelle Constitution rend rétroactivement « responsables des crimes communistes » commis jusqu'en 1989 les dirigeants de l'actuel Parti socialiste (ex-PC), ce qui a amené ces derniers à dénoncer « la mise en place d'une dictature », d'autant que les médias hongrois sont eux aussi visés par la nouvelle Constitution. La Radio-Télévision et l'agence de presse MTI sont regroupées en une seule entité supervisée par un Conseil des médias lui même dirigé par une proche du Premier ministre. L'unique radio d'opposition se voit ni plus ni moins retirer sa fréquence.

(Avec AFP)