mardi 24 janvier 2012

Finlande : le candidat écologiste Pekka Haavisto se qualifie pour le second tour de la présidentielle

Pekka Haavisto (à gauche) avec son compagnon,
lundi, après l'annonce des résultats.
Il a véritablement créé la surprise. Alors qu’il n’était crédité que de 6 % par les sondages, le candidat de la Ligue Verte, âgé de 53 ans, a finalement remporté 18,8 % des voix dimanche, lors du premier tour de l’élection présidentielle. Favorable à l’Union européenne, défenseur de l’environnement et de d’égalité sociale, il était encore dans l’ombre en décembre.
Pekka Haavisto siège pourtant au Parlement finlandais depuis 1987. Il a été ministre de l’Environnement de 1995 à 1999 et conseiller pour l’Union européenne et les Nations Unies dans le cadre des négociations de paix au Darfour.
Il affrontera lors du second tour organisé le 5 février le favori Sauli Niinistö, représentant du parti conservateur. Ce dernier est arrivé largement en tête dimanche avec 37 % des voix. Mais même si les reports de voix devraient en toute logique avantager le candidat conservateur, le suspense n’est pas clos. M. Haavisto bénéficie en effet d’une très grande vague de sympathie, notamment sur les réseaux sociaux. L’écart entre les deux hommes pourrait donc être bien moins important lors du second tour.


"La bataille commence maintenant", titrait lundi
le quotidien "Lapin Kansa" de Rovaniemi.



dimanche 1 janvier 2012

Hongrie : le "retour à l'ordre moral" entre en vigueur

Le conservateur Viktor Orban
se taille une Constitution sur mesure.
La nouvelle Constitution hongroise, fortement décriée pour ses accents très nationalistes, est entrée en vigueur en ce premier jour de l’an. Voulue par le Premier ministre conservateur Viktor Orban, du parti Fidesz, elle instaure des réformes très controversées. Parmi celles-ci, des références directes à Dieu, au christianisme et à la famille traditionnelle. Le mariage y est par exemple défini comme « l’union de base la plus naturelle entre un homme et une femme », le but avoué étant d’empêcher l’autorisation des mariages homosexuels et ce quelles que soient les majorités politiques futures. En inscrivant ces principes dans la Constitution, Viktor Orban sait effectivement qu’ils ne pourront être modifiés que par une majorité des 2/3 des députés. Et il est très peu probable à l’avenir qu’un gouvernement issu de l’opposition dispose d’une telle majorité.  
Depuis qu'il est arrivé au pouvoir, ce juriste de formation n’a jamais caché son intention de remodeler le pays à son image, suscitant à plusieurs reprises les craintes de l’Union européenne. Lorsqu’il annonce son projet de refonte de la Constitution, une modification que certains décrivent comme un « retour à l’ordre moral », les inquiétudes se font encore plus pressantes.   
Il faut dire qu’au-delà de la référence à la famille traditionnelle, la nouvelle Constitution hongroise qui entre en vigueur aujourd’hui touche aussi à d’autres domaines de la vie privée. Elle décrète notamment que l’embryon est un être humain dès le début de la grossesse. Un article qui fait craindre à plusieurs mouvements issus de la société civile et à l’opposition que l’avortement sera désormais rendu très difficile.

Un appareil d'Etat noyauté par les conservateurs

Outre ces restrictions qui touchent au plus près la vie privée des Hongrois, on épinglera aussi cette réforme très controversée de la Banque centrale. Une réforme qui risque de réduire l’indépendance de l’institution. En rendant constitutionnelle la loi sur « la stabilité financière », Viktor Orban grave dans le marbre le taux unique de 16 % de l’impôt sur le revenu, ce qui rendra à l’avenir très difficile l’instauration de mesures fiscales urgentes pour faire face à un déficit public éventuellement en chute libre.
Mais ce n’est pas tout. Viktor Orban prend aussi grand soin d’installer des proches à tous les hauts postes de l’appareil d’Etat (dans les secteurs de la police, de l’économie, de la justice, de l’armée…). Des proches dont beaucoup disposent d’un mandat de neuf, voire douze ans. Un futur gouvernement d’une autre couleur politique sera par conséquent confronté à un appareil d’Etat hostile, entièrement aux mains du Fidesz.
Par ailleurs, la nouvelle Constitution rend rétroactivement « responsables des crimes communistes » commis jusqu'en 1989 les dirigeants de l'actuel Parti socialiste (ex-PC), ce qui a amené ces derniers à dénoncer « la mise en place d'une dictature », d'autant que les médias hongrois sont eux aussi visés par la nouvelle Constitution. La Radio-Télévision et l'agence de presse MTI sont regroupées en une seule entité supervisée par un Conseil des médias lui même dirigé par une proche du Premier ministre. L'unique radio d'opposition se voit ni plus ni moins retirer sa fréquence.

(Avec AFP)