mardi 27 décembre 2011

Russie : l'interdiction de la "propagande homosexuelle" s'étend dangereusement

La région russe de Kostroma, à 400 kilomètres au nord-est de Moscou, vient de voter ce mardi 27 décembre 2011 l'interdiction de la "propagande homosexuelle" auprès des mineurs. Plus précisément, les députés du Parlement régional ont approuvé ce mardi en première lecture une loi qui prévoit de criminaliser "la propagande auprès des mineurs de la pédophilie, l'homosexualité, la bisexualité et le transsexualisme".
Le texte prévoit ni plus ni moins des amendes allant de 125 à 2 500 euros en cas d'"acte public" - notion par ailleurs non définie dans le texte - de "promotion de l'homosexualité envers des mineurs".
Le Parlement de Saint-Pétersbourg avait déjà approuvé en première lecture le moi passé un projet de loi sur le même thème (deux lectures sont encore nécessaires pour que le texte entre en vigueur) et deux autres villes russes, Riazan (sud-est de Moscou) et Arkhangelsk (nord), ont aussi adopté des législations similaires (voir article du 21 novembre 2011).
Pour Svetlana Ivanova, une responsable de l'administration de Kostroma, "l'introduction de ces normes législatives permettra de défendre les principes moraux protégeant la famille et de préserver la santé physique et spirituelle des jeunes."



Ces deux hommes "promeuvent" l'homosexualité.
Ils devront payer 125 euros d'amende.


Les défenseurs des droits de l'Homme craignent que ces textes puissent être utilisés pour réprimer les manifestations en faveur des droits des homosexuels, les Gay Prides étant déjà régulièrement interdites en Russie.
Les Etats-Unis, de leur côté, protestent contre cette loi qui "restreindrait fortement les libertés d'expression et d'assemblée pour les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres, et en fait pour tous les Russes".


Source : AFP

 

lundi 21 novembre 2011

Russie : le mot « gay » près d'être banni des discussions sous peine d’amende


Des manifestants LGBT se font arrêter
 pour avoir osé s'exprimer publiquement.
Un projet de loi très controversé à Saint-Pétersbourg est en train de mobiliser les défenseurs des droits de l’Homme au pays du président Medvedev. S’il est adopté, le texte permettra de condamner à une amende les auteurs de faits de « propagande homosexuelle » auprès de mineurs. Il vient d’être approuvé en première lecture au parlement local de la deuxième ville de Russie et deux lectures sont encore nécessaires avant que le projet ne prenne force de loi. 


D’après le texte proposé par les députés du parti au pouvoir, Russie Unie – le parti du président Dimitri Medvedev et de son Premier ministre Vladimir Poutine –, toute personne commettant un « acte public » de promotion de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité à l’adresse de mineurs peut être condamnée à une amende allant jusqu’à 72 euros. Les organisations, elles, risquent de devoir débourser entre 240 et 1 200 euros.

Le texte ne définit pas le terme d’« acte public », ce qui fait craindre aux défenseurs des droits de l’Homme qu’il puisse être utilisé pour réprimer les manifestations en faveur des droits des homosexuels. Des manifestations par ailleurs déjà régulièrement interdites en Russie où l’homophobie gangrène la société (voir article du 28 mai).

Une pétition circule sur Internet pour pousser les dirigeants à travers le monde à faire pression sur les autorités russes afin qu’elles abandonnent ce projet de loi discriminatoire et liberticide. Elle est disponible à l'adresse suivante : www.allout.org/en/actions/russia_silenced.


(Avec AFP)



Quelques réactions :

« Le parti du président Medvedev et du Premier ministre Poutine, actuellement au pouvoir, pourrait d’une simple signature rendre des millions de personnes invisibles. »

All Out,
communauté mondiale en ligne qui se mobilise pour faire respecter les droits et les libertés des personnes LGBT.





Ce projet de loi a pour but « de mettre un terme au flot d’informations immorales qui circulent parmi les enfants et les jeunes ». 

Vitali Milonov
défenseur du texte.


Cette loi « contredit les normes légales russes et internationales ».

Le Centre Mémorial contre les discriminations de Saint Pétersbourg
groupe de défense des droits de l’Homme.



mercredi 2 novembre 2011

Serbie : un député épinglé par la justice pour discrimination


Dragan Markovic, maire de Jagodina (centre du pays), député au parlement serbe et membre de la coalition au pouvoir, vient d'être épinglé par la justice suite à des propos discriminatoires à l’égard de la communauté homosexuelle. En août dernier, Markovic avait déclaré : « La position de la Serbie unifiée (son parti politique) et ma position est que nous sommes contre toute manifestation où les homosexuels manifestent dans les rues de Belgrade en voulant présenter comme normale une chose qui est une maladie. »
Le tribunal de Belgrade « a constaté que M. Markovic a commis un acte de grave discrimination et lui a enjoint de ne plus se livrer à de tels propos », a indiqué Me Aleksandar Olenik, avocat de l'Alliance gay-straight (GSA), une ONG vouée à la défense des droits de la communauté homosexuelle. Me Olenik a précisé que M. Markovic, qui avait déjà tenu par le passé des propos hostiles envers les homosexuels, devra également assurer les frais de cette procédure en justice.

Rapidité de la justice

« Ce dossier revêt une importance stratégique car c’est la première fois qu’un verdict pour discrimination est prononcé contre un homme politique en Serbie », a indique la GSA qui se dit par ailleurs « satisfaite de la rapidité avec laquelle cette affaire a été traitée par la justice ».
Le verdict du tribunal de Belgrade à l'encontre de Dragan Markovic intervient suite à l'interdiction début octobre de la Gay Pride par les autorités serbes. Une interdiction justifiée officiellement par des questions de sécurité (voir article du 2 octobre). La Gay Pride de l'année dernière avait été suivie d'affrontements très violents entre les forces de l'ordre et des groupes de la mouvance ultra-nationaliste violemment homophobes.

(Avec AFP)


La Gay Pride d'octobre avait été annulée suite aux violents
affrontements survenus en 2010.


dimanche 30 octobre 2011

France : un député UMP ne veut pas de la "théorie du genre" aux examens

Le député UMP Hervé Mariton avait démandé
fin août le retrait du chapitre contesté
des manuels de SVT. 
Un député UMP qui refuse que l’examen de Sciences de la Vie et de la Terre comporte des questions sur la théorie du genre, le Parti Socialiste qui boycotte le groupe de travail sur les manuels scolaires à l’Assemblée nationale. Les nouveaux programmes de SVT en France n’ont décidément pas fini de faire parler d’eux.

Pour rappel (voir article du 13 août), la Direction générale de l’enseignement scolaire dans l'Hexagone a décidé cette année de sensibiliser les lycéens de Première L et ES à la question du genre et de l’orientation sexuelle en insérant dans tous les manuels de Sciences de la Vie et de la Terre un chapitre intitulé « Devenir homme ou femme ». Un chapitre qui fait notamment la différence entre identité de genre et orientation sexuelle pour lutter contre les préjugés liés à l’homosexualité.

Les associations catholiques n’ont pas vu cette initiative d’un bon œil. Elles ont aussitôt demandé le retrait de ce chapitre, suivies dans leur démarche par 80 députés UMP et 113 sénateurs (dont 98 UMP). En vain. Mais dans la foulée de la polémique suscitée par ces quelques paragraphes insérés dans les manuels scolaires, un groupe de travail sur le sujet était créé à l’Assemblée nationale à l'initiative du ministre de l'Education, Luc Chatel (UMP). Un groupe de travail que le Parti Socialiste vient de décider de boycotter.

Les députés PS ont fait part dans un communiqué de « leur totale désapprobation tant sur les conditions de la mise en place de ce groupe de travail qui n'a fait l'objet d'aucune consultation préalable que sur son objet même ». Pour le Parti Socialiste, « il n'appartient pas aux parlementaires, et plus largement au pouvoir politique, d'élaborer le contenu des manuels scolaires, des instances légitimes existant pour cela. » Le PS proteste aussi contre une initiative qui consiste à « transférer à l'Assemblée nationale une polémique dérisoire sur la question du genre à des fins purement politiciennes et sous la pression des députés UMP ».

« Pas de malentendu sur les questions d'examen »

Avant la rentrée scolaire chez nos voisins, le député UMP de la Drôme, Hervé Mariton, était déjà l’un des 80 députés du parti de Nicolas Sarkozy à avoir signé une lettre demandant au ministre de l’Education, Luc Chatel (UMP), le retrait du chapitre faisant polémique.

La semaine passée, lors d’une conférence de presse à l’Assemblée générale, il a demandé à être assuré que les examens de SVT ne comporteront pas de questions liées à la théorie du genre. « Comme le ministre a plaidé le malentendu sur la définition des programmes, nous voulons nous assurer qu'il n'y aura pas de malentendu sur les questions d'examen », a expliqué Hervé Mariton. 

  (Avec AFP)

mardi 25 octobre 2011

Belgique : l'homophobie frappe et brise des vitres à Gand

Tout n'est pas rose
à la Casa Rosa (Gand).
Les actes homophobes sont en recrudescence dans la ville de Gand (Flandre) ces derniers temps. Samedi soir, une vitre du café LGBT A+Pluss a été brisée. « Le café était déjà fermé quand une vitre a soudain volé en éclats », explique Koen Delille, propriétaire de la Casa Rosa, dont fait partie le café en question. « Quelques membres du personnel étaient en train de ranger. Ils sont allés à la porte et ont vu s’échapper un groupe d’allochtones. C’est déjà la troisième fois depuis le début de l’année que des vitres sont brisées chez nous ! » 

Le même soir, un jeune homosexuel  s’est fait accoster et frapper à proximité du café. Les associations LGBT de Gand se disent « choquées » par les actes qui se sont déroulés ce week-end. Pour Koen Delille, « la violence envers les homosexuels à Gand est en recrudescence. Le problème est que beaucoup de victimes d’actes homophobes ne veulent pas ou n’osent pas introduire une plainte. Il n’y a donc pas de statistiques montrant cette violence grimpante mais ce n’est pas parce que les gens n’en entendent pas parler que rien ne se passe ! »

Si une vitre brisée, ça peut paraître très anodin à côté d’actes à caractère homophobe particulièrement brutaux, le propriétaire de la Casa Rosa tient tout de même à préciser que « c’est très symbolique ». Pour lui, c’est toute la communauté LGBT qui est visée par ce geste. Et il ne souhaite pas en arriver à ce qu’un agent de police monte la garde tous les soirs devant son établissement. « Ce serait un grand pas en arrière », affirme-t-il.

Du côté de la police gantoise, on dit faire son possible pour réduire et prévenir les actes homophobes. « Mais il est important que les victimes osent porter plainte », précise Manuel Mugica Gonzalez, porte-parole.

lundi 24 octobre 2011

France : Hollande s'engage à légaliser le mariage gay

François Hollande lors de son
discours d'investiture, samedi 22 octobre.

Photo : Reuters
Le vainqueur de la primaire socialiste en France, François Hollande, a explicitement évoqué le mariage homosexuel dans son discours prononcé lors de la Convention d’investiture de samedi qui l’a officiellement sacré candidat PS pour l’élection présidentielle de 2012. Le député de Corrèze, qui se défini comme le « candidat socialiste et radical », a classé samedi le mariage homosexuel au rang des « nouveaux droits » pour lesquels il s’engage. Un engagement qui a été vivement critiqué par Marine Le Pen. La présidente du Front National (FN) estime que François Hollande « s’est adressé à des clientèles de gauche et de bobos dont les priorités semblent se résumer au mariage gay, au droit de vote pour les étrangers et à la repentance coloniale ».


Pendant la campagne des primaires, les soutiens de Martine Aubry (éliminée au second tour) avaient cherché à mettre dans l’embarras M. Hollande au sujet de l’ouverture du mariage aux homosexuels en montant en épingle une petite phrase prononcée par le candidat dans un entretien accordé au quotidien Libération. François Hollande avait alors déclaré qu’ « il ne sera pas si simple de faire passer les textes sur le mariage et l’homoparentalité ». Un début de polémique avait été amorcé mais le discours de l’ancien secrétaire du Parti socialiste, samedi, semble y avoir mis un terme. A six mois de la présidentielle, François Hollande paraît maintenant bien décidé à avancer sur ces thèmes s’il est élu en 2012.

dimanche 2 octobre 2011

Serbie : le gouvernement capitule face aux ultras

La Gay Pride qui devait avoir lieu ce dimanche 2 octobre à Belgrade a été interdite par le gouvernement serbe. Une interdiction qui fait suite aux nombreuses menaces proférées par des groupes ultranationalistes à l’égard de la communauté homosexuelle. « Avec cette décision, l’Etat a capitulé », affirme Goran Miletic, organisateur de cette Gay Pride. « Dans la capitale d’un pays démocratique, l’Etat devrait être capable de garantir la sécurité de ses citoyens pendant deux heures. »

L’année dernière, la communauté homosexuelle de Serbie avait réorganisé une Gay Pride après neuf ans sans marche des fiertés. Le défilé avait alors été gravement perturbé par des ultras qui avaient attaqué les manifestants. L’interdiction de la marche cette année donne en quelque sorte raison aux mouvements nationalistes qui se targuent désormais de ne plus devoir organiser de contre-manifestation.

Mais si ces mouvements crient aujourd’hui victoire, la Serbie, elle, pourrait bientôt faire grise mine. La Commission européenne doit remettre dans quelques jours un rapport sur la future adhésion du pays à l’Union. Une adhésion intimement liée au respect des droits des minorités.


L'année passée, la Gay Pride de Belgrade
avait été émaillée de nombreux incidents.




dimanche 14 août 2011

Chili : vers une union civile pour les couples hétérosexuels et homosexuels ?

Sebastian Pinera reste opposé au mariage homosexuel.
« Il n’y a qu’une seule forme de famille mais il en existe plusieurs expressions et toutes méritent le respect, la dignité et le soutien de l’Etat. » Voilà les termes utilisés cette semaine par le président chilien Sebastian Pinera (droite) après avoir signé le projet de loi sur l’AVC (l’Accord sur la vie en commun). Un projet de loi qui comprend une série de mesures d’aides à la famille et qui vise une reconnaissance civile de l’union libre des couples, y compris homosexuels. Un peu sur le mode du PACS français (le Pacte civil de solidarité), l’AVC chilien permettrait notamment aux membres de ces couples d’hériter ou encore de bénéficier d’une couverture sociale.  


Le gouvernement chilien doit maintenant présenter ce projet de loi au Parlement et les débats risquent d’être houleux dans un pays ultra-majoritairement catholique. La présentation du projet par le Président a d'ailleurs déjà été boycottée cette semaine par les leaders des deux partis de la majorité, Carlos Larrain (Rénovation nationale, droite) et Juan Antonio Colona (UDI, conservateurs). Un député de l’UDI, Gonzalo Arenas, s’est pour sa part empressé de dénoncer un  gouvernement « capable de vendre sa mère pour remonter dans les sondages. Le Président n’écoute même pas les membres de ses partis alliés. Il écoute les étudiants. »

Une cote de popularité en chute libre

L’annonce de Pinera intervient alors que sa cote de popularité est au plus bas depuis son élection en 2010 et le retour de la droite au pouvoir après 20 ans de centre-gauche. Avec seulement 26 % d’opinions favorables, le président chilien semble en fait totalement coupé de la jeunesse comme en témoignent les manifestations étudiantes de masse depuis trois mois.

Si son annonce peut être vue comme un moyen de redorer son blason auprès des jeunes, il n’en reste pas moins que l’adoption du projet de loi sur l’AVC – par ailleurs un des thèmes de campagne de Pinera en 2010 – marquerait une avancée significative pour les droits des homosexuels dans cette région la plus catholique du monde qu’est l'Amérique Latine. Seuls l’Uruguay et la Colombie y reconnaissent les unions civiles (hétérosexuelles). L’Argentine, elle, fait clairement figure d’exception depuis qu’elle reconnaît le mariage civil homosexuel (2010).

samedi 13 août 2011

France : les manuels scolaires aborderont dès la rentrée la question de l'orientation sexuelle. Polémique.

Quelques paragraphes et une polémique qui enfle dans l'Hexagone à quelques semaines de la rentrée scolaire. La Direction générale de l’enseignement scolaire a décidé de sensibiliser les lycéens de Première L et ES à la question du genre et de l’orientation sexuelle en insérant dans tous les manuels de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) un chapitre intitulé « Devenir homme ou femme ». Dans l'ouvrage édité par Bordas (il y a cinq éditeurs différents), on peut lire que « l’identité sexuelle – le fait de se sentir homme ou femme – dépend du genre conféré à la naissance et du conditionnement social. (…) L’orientation sexuelle, quant à elle, relève de la sphère privée. Je peux être un homme et être attiré par les femmes mais je peux aussi me sentir 100 % viril et être attiré par les hommes ». Le nouveau chapitre a donc notamment pour but de différencier clairement identité de genre et orientation sexuelle afin de lutter contre les stéréotypes et les préjugés qui empoisonnent souvent la vie des personnes homosexuelles.



Les insultes et comportements homophobes sont légion
en milieu scolaire.

Mais ces quelques paragraphes passent mal pour une partie de la droite catholique qui souhaite ni plus ni moins boycotter les livres afin que cette partie du programme soit définitivement retirée. L’association « Familles de France » a d'ailleurs récemment envoyé une lettre sans équivoque au président français Nicolas Sarkozy : « Vous connaissez parfaitement la théorie du genre. Cette idée philosophique, contestable s'il en est, nous revient des milieux féministes d'outre-Atlantique. » Et d’ajouter : « Les familles ont parfaitement compris les objectifs des concepteurs : orienter les jeunes vers des expériences sexuelles diverses, considérant que le sexe social est plus important que le sexe biologique. »

De son côté, la fédération SUD Etudiant se « réjoui de l’avancée dans la lutte contre les discriminations ». Elle dénonce « les réactions de certains courants religieux et réactionnaires qui tentent de faire pression sur le gouvernement afin de supprimer le chapitre ». Au ministère de l’Education Nationale, on tape du poing sur la table et on s’agace d’une polémique qui dure et qui n’a « pas lieu d’être ». On renvoie à une déclaration tenue le mois passé par le ministre de l’Education Nationale Luc Chatel : « Les programmes se contentent d'affirmer la distinction entre l’identité sexuelle, qui relève de la sphère publique, et l’orientation sexuelle, qui relève de la sphère privée, avec l'objectif de lutter contre les préjugés, ce qui correspond aux valeurs de la République que l'Ecole transmet. »

Epinglé : A mille lieues de la France, la lutte contre l'homophobie commence dès l'école primaire à Berlin où le Sénat vient de mettre en place un vaste programme de lutte contre les disciminations liées à l'orientation sexuelle : http://www.tetu.com/actualites/international/a-berlin-la-lutte-contre-lhomophobie-commence-a-lecole-primaire-19991

A la Une du Monde - 11/12 septembre 2011 :

 






 Les paragraphes qui font polémique dans le manuel édité par Bordas :

mercredi 27 juillet 2011

Etats-Unis : Ask ! Tell !

C'est la fin d'un tabou au sein de l'armée US. Le 20 septembre prochain devrait entrer en vigueur aux Etats-Unis l'abrogation de la loi dite du "don't ask, don't tell". Cette loi, dont le Sénat avait voté la suppression le 18 décembre 2010, interdisait jusqu'à présent aux soldats gays et lesbiennes de révéler leur orientation sexuelle sous peine de renvoi. C'est ainsi que depuis son adoption en 1993, quelque 14 000 soldats avaient été renvoyés de l'armée. L'abrogation de cette loi permettra désormais à tous les homosexuels chassés de l'armée de réintégrer les rangs.

Le président américain, Barack Obama, a précisé vendredi 22 juillet que l'armée US était prête à accueillir des homosexuels dans ses rangs. Il a certifié au Congrès que la préparation des forces armées en vue d'accueillir des gays et des lesbiennes était achevée et que le tabou pouvait être levé. « Nous avons franchi aujourd'hui la dernière étape essentielle vers la fin de cette loi qui viole les principes américains de justice et d'égalité », a déclaré Barack Obama dans un communiqué.

Mais l'abrogation du "don't ask, don't tell" fait grincer des dents dans les milieux conservateurs. Certains élus, essentiellement républicains, et certains hauts gradés de l'armée craignent que cela nuise à l'efficacité des soldats au combat. Le président de la commission de la Défense de la Chambre des représentants, le républicain Buck McKeon, juge de son côté utile de demander à l'administration de « remettre immédiatement au Congrès les évaluations effectuées par les différents services sur l'impact de l'abrogation sur les troupes afin de s'assurer qu'elles ne sont pas désorganisées par la mesure ».

Précisons que la nouvelle loi n'avait été votée en décembre par le Sénat qu'après la publication d'une étude révélant que 70 % des 115 000 militaires interrogés étaient favorables à l'abrogation du tabou homo. Chez les Marines par contre, corps d'élite de l'armée US, 40 à 60 % des sondés dans le cadre de la même étude voyaient d'un mauvais œil la fin du "don't ask, don't tell".


mercredi 13 juillet 2011

Belgique : ton sang, tu ne donneras pas !

Les homosexuels toujours exclus du don de sang

Un homme ayant eu des rapports sexuels avec un autre homme ne pourra jamais donner son sang en Belgique. Voici l’un des nombreux critères qui régissent le don de sang dans notre pays. Dans le « guide du donneur » publié par la Croix-Rouge de Belgique, on explique que le donneur ne peut en aucun cas présenter un risque de maladies transmissibles par le sang. Et le texte poursuit :


« Le risque de contaminer un receveur trouve son origine dans le don d’une personne infectée mais toujours en période silencieuse (période durant laquelle nos tests de laboratoire ne détectent pas la maladie, bien qu’elle soit présente dans l’organisme. »

Voilà pourquoi une entrevue avec un médecin ou un professionnel de la santé est organisée avant chaque don. De plus, des analyses de laboratoire sont effectuées sur le sang prélevé pour pouvoir identifier toute anomalie. Ces analyses comprennent notamment le dépistage de maladies transmissibles par le sang (hépatites B et C, VIH, syphilis…). La procédure est clairement réglementée par une directive européenne qui exclut de facto certaines catégories de personnes du don de sang :


Prenons un exemple concret : d'un côté un couple stable, de l'autre un homme changeant fréquemment de partenaires. Ah oui, petit détail, c'est un couple d'homosexuels. Les deux conjoints seront ni plus ni moins exclus définitivement du don de sang. Ils ne pourront même pas entamer la procédure afin de se porter candidats. L’homme changeant fréquemment de partenaire pourra, lui, attendre quatre mois, passer un test, et ensuite, si le test est négatif évidemment, donner son sang. Ah oui, il est hétérosexuel. La liste des personnes exclues du don de sang met en fait sur le même pied des catégories qui présentent effectivement un risque et les homosexuels en général que l’on suppose porteurs de maladies transmissibles par le sang.

Alors qu’en Belgique l’interdiction pour les homosexuels est définitive, la réglementation est plus « souple » dans d’autres pays. Quitte à être absurde. La Suède, par exemple, permet au donneur homosexuel de redevenir candidat... après un an d’abstinence. 

Quand la sécurité discrimine…

Du côté des associations LGBT, on ne laisse pas passer cette discrimination. « La sécurité du sang est une chose mais il faut mettre dans la balance les dégâts en termes social et d’exclusion. Pour beaucoup de gens, le don de sang est une action citoyenne », explique Thierry Delaval, président de la Fédaration Arc-en-ciel Wallonie. Et de poursuivre : « Ce sont les pratiques à risque qu’il faut exclure, pas une partie de la population. » L’Institut Scientifique de Santé Publique, la Fédération Arc-en-ciel Wallonie, la Croix-Rouge et la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS), tentent de trouver en concertation une solution face à ce critère « mal formulé ». Discriminatoire.


Le « guide du donneur » de la Croix-Rouge de Belgique en PDF :


mardi 12 juillet 2011

Californie : les livres d’histoire LGBT vont-il bientôt sortir du placard ?

Les élèves californiens bientôt plus
ouverts d'esprit que leurs aînés ?
Les élèves de Californie pourraient bientôt se voir enseigner l’histoire LGBT. La balle est dans le camp du gouverneur. Le démocrate Jerry Brown devrait en effet signer – ou pas – dans moins de deux semaines le projet de loi voté la semaine passée par le Sénat californien et qui propose de bannir les discriminations à l’encontre de l’histoire et de la culture LGBT dans les programmes scolaires américains. Concrètement, le « FAIR (Fair, Accurate, Inclusive and Respectful) Education Act » prévoit de reconnaître officiellement dans les manuels scolaires les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels. « Ce projet de loi exigera que les écoles de Californie présentent une vue plus précise et nuancée de l'histoire américaine en reconnaissant dans les programmes les succès obtenus par des groupes qui ne sont pas souvent reconnus », a déclaré le sénateur gay John Pérez.

Si le projet de loi a pu franchir l’étape du Sénat, c’est essentiellement grâce aux voix démocrates. Le texte ne plaît évidemment pas aux républicains. Tous les regards sont à présent tournés vers le gouverneur californien qui fait d’ailleurs depuis le vote au Sénat l’objet de nombreuses pressions émanant principalement des républicains et des associations conservatrices. Pour ces dernières, « les responsables politiques ne sont pas élus pour intégrer leur idées politiques dans l'éducation publique. Seuls des enseignants qualifiés devraient établir les programmes scolaires. » D’autres groupes hostiles à ce projet de loi affirment qu’il affaiblirait les droits des parents alors que des milliers d’entre eux en Californie le désapprouveraient.

Le gouverneur californien maintient pour le moment le suspense sur ses intentions.



« Je pense que c'est une chose de dire que nous devrions être tolérants. C'en est une autre de dire que mes enfants vont apprendre que ce style de vie est bon. »

Un sénateur républicain.


Une association familiale californienne clairement anti-LGBT presse le gouverneur Jerry Brown à opposer son veto au FAIR Education Act :



Mise à jour : Le mercredi 13 juillet, le gouverneur californien signe le projet de loi et permet ainsi son entrée en vigueur. La Californie devient le premier Etat américain à inclure dans ses programmes scolaires l'enseignement de l'histoire des mouvements LGBT. "L'histoire se doit d'être honnête", a déclaré le démocrate Jerry Brown. Et de poursuivre : "This bill revises existing laws that prohibit discrimination in education and ensures that the important contributions of Americans from all backgrounds and walks of life are included in our history books."

samedi 28 mai 2011

Moscou : la Gay Pride interdite attaquée par des fondamentalistes religieux et réprimée par la police

Des violences ont éclaté ce samedi dans la capitale russe pendant une marche pour la défense des droits des homosexuels. La marche avait auparavant été interdite par les autorités mais elle a tout de même été organisée. Les manifestants, agitant des drapeaux arc-en-ciel et des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire « La Russie n’est pas l’Iran ! », ont été attaqués par des fondamentalistes orthodoxes. La police est alors intervenue, plaquant au sol les militants homosexuels comme leurs assaillants, avant de les conduire dans des camionnettes.

Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles le Français Louis-Georges Tin, fondateur de la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, le célèbre militaire gay américain Dan Choi ou le Britannique Peter Tatchell, pionnier des défilés en faveur de l'égalité des droits pour les homosexuels.

Depuis leur première demande en 2006, les homosexuels n'ont jamais obtenu le droit de manifester à Moscou et toutes leurs tentatives ont été dispersées sans ménagement par la police.


A 13h, Dan Choi poste ce tweet :




Il est 13h06 lorsque le Français Louis-Georges Tin, retenu par la police, réussi à envoyer cet sms :

"Je suis désormais dans une cellule de confinement de 60 cm sur 60 cm, sans air, sans eau, dans une chaleur suffocante. Les autorités européennes doivent en tirer toutes les conséquences et retirer à la Russie son droit de vote à l'assemblée parlementaire !"

Louis-Georges Tin sera libéré dans l'après-midi.

Les deux  premières vidéos de l'attaque de la Gay Pride de Moscou sont postées sur Youtube à 13h50 :

 

 

jeudi 19 mai 2011

Johannesburg : "Loving Lulu" bouleverse les idées reçues

La pièce de théâtre raconte l’histoire d’une jeune femme hétéro sur le point de se marier et qui tombe sous le charme de sa prof de gym. Une histoire d’amour va naître entre les deux femmes. Humour, légèreté, sensualité, avec tout de même quelques scènes assez osées pour un public sud-africain plutôt prude. Un public qui paraît pourtant assez enthousiaste une fois le rideau tombé. « Je m’attendais à quelque chose d’assez dramatique et j’ai finalement trouvé ça amusant et différent de ce que l’on voit d’habitude », explique un spectateur de 27 ans qui précise être « 100 %hétéro ».                                                           
Le portrait est sans tabou. La jeune auteure et actrice sud-africaine Noxolo Tshabangu a choisi de briser les clichés sur l’homosexualité. « Au début, nous voulions faire une pièce militante, qui parlerait des difficultés rencontrées par les lesbiennes, de la défense de leurs droits… », explique celle qui a co-écrit la pièce avec Bruce Koche et qui y joue l’un des rôles principaux. « Et puis finalement, poursuit-elle, je me suis rendu compte que j’avais envie d’écrire une histoire d’amour. Une histoire qui dirait qu’il est naturel de s’aimer et que l’amour peut prendre différentes formes. » Pas de victimisation, donc, mais une mise en avant de la liberté de choix.
Un climat d’homophobie
Cette pièce arrive dans un climat pour le moins tendu en Afrique du Sud puisqu’une jeune lesbienne vient d’être assassinée sauvagement alors qu’elle sortait d’un bar du township de Kwa-Thema, à 80 kilomètres à l’est de Johannesburg. Un fait horrible qui rappelle à nouveau à quel point l’homophobie gangrène encore le pays.                                                                                       
« La pièce est destinée à pousser les gens à s’interroger, à tester leur réel niveau d’acceptation », explique Noxolo Tshabangu. Pour certains, la jeune auteure prêche devant un public convaincu en présentant son spectacle au Market Theatre, réputé progressiste. Mais Noxolo leur répond que « l’homophobie ne se cantonne pas aux townships ». « Certaines personnes prétendent qu’elles acceptent les gays mais ont encore beaucoup de préjugés », souligne la jeune femme.
« Loving Lulu » participera donc sans conteste à éveiller les consciences. Au service des nombreux gays et lesbiennes sud-africains qui n’osent même pas évoquer leur homosexualité, craignant pour leur vie.

mercredi 18 mai 2011

"It Gets Better Project" : des témoignages qui peuvent sauver

 


Tout commence en septembre 2010. L’auteur et chroniqueur Dan Savage poste alors sur Youtube une vidéo réalisée avec son copain et destinée à redonner espoir aux jeunes gays et lesbiennes fatigués de devoir faire face quotidiennement aux discriminations en tout genre. Leur mot d’ordre : oui, la situation s’améliore ! Le projet « It Gets Better » est né. Un projet qui depuis ne cesse de prendre de l’ampleur. Plus de 10 000 vidéos ont été postées jusqu’à présent. Des témoignages remplis d’espoir pour tous les jeunes qui ne parviennent pas à se projeter dans l’avenir du fait de leur homosexualité.

Des vidéos de personnalités sont également disponibles sur le site internet du projet. On peut ainsi voir Barack Obama, Hillary Clinton, Adam Lambert ou encore Colin Farrell apporter leur soutien. Des chefs d’entreprises gays et lesbiennes évoquent également leur expérience, permettant ainsi aux jeunes LGBT de constater qu’homosexualité et réussite professionnelle ne sont pas du tout incompatibles.

Le site internet met par ailleurs en lumière un autre projet appelé « The Trevor Project ». Son but : réduire le taux de suicide parmi les jeunes LGBT. Une ligne téléphonique permet à ces jeunes de recevoir des conseils avisés en permanence. Et on peut imaginer à quel point ce type d’initiative est important quand on sait qu’un jeune LGBT sur trois à déjà tenté de mettre fin à ses jours.




Dan et Terry expliquent la naissance du projet.

La première Gay Pride du Monténégro annulée par ses organisateurs

Faute de soutien de la part du gouvernement, les organisateurs de la première Gay Pride du Monténégro ont décidé d'annuler cette dernière. Elle devait normalement avoir lieu de 31 mai dans la capitale, Podgorica, mais ses organisateurs ont précisé qu'elle ne sera organisée que "lorsque le gouvernement sera prêt à [leur] offrir son véritable soutien et pas seulement des déclarations de soutien". Le gouvernement est notamment critiqué pour avoir échoué à nommer son représentant dans le comité d'organisation de la parade.

Ministre des Minorités ? "Humiliant !"

L'annulation de cette première Gay Pride est à replacer dans un contexte général d'hostilité à l'égard des homosexuels dans les Balkans. Le Monténégro, pays à la société traditionnelle et patriarcale, reste pariculièrement fermé sur le sujet.

A titre d'exemple pour le moins révélateur, le ministre monténégrin des Minorités, Ferhat Dinosa, a récemment déclaré s'être senti humilié en apprenant que la situation des homosexuels relevait de son portefeuille. Un autre exemple, s'il en fallait encore un. Un sondage vient de révéler que 70 % des monténégrins considéraient encore l'homosexualité comme une maladie.

On comprend aisément que dans ce contexte, les organisateurs de la première Gay Pride aient décidé d'annuler l'événement. Un événement dont le bon déroulement n'était clairement pas garanti. La communauté LGBT du Monténégro devra patienter. Encore et encore...


mardi 17 mai 2011

Ouganda : le projet de loi anti-gays reporté sous la pression internationale

Après 1,6 millions de signatures, des dizaines de milliers d'appels téléphoniques aux gouvernants, des centaines d'articles de presse et un véritable tollé mondial, les responsables politiques ougandais ont finalement reporté l'adoption du désormais tristement célèbre projet de loi homophobe. Un projet de loi défendu par des extrémistes religieux et qui prévoit ni plus ni moins la peine de mort en cas, notamment, de transmission du sida lors de relations homosexuelles. La première version du texte, elle aussi abandonnée après de vives pressions internationales, prévoyait même de punir toute discussion publique sur l'homosexualité et de poursuivre les parents, professeurs ou encore médecins d'homosexuels.  
                                                                                                                                    
Le vote de la deuxième version du projet de loi qui devait normalement avoir lieu vendredi 13 mai est donc reporté. Mais il faut souligner que le code pénal ougandais réprime déjà très fortement l'homosexualité. Il prévoit par exemple la réclusion à perpétuité pour toute personne reconnue coupable de relation homosexuelle.


Certains tabloïds appellent fréquemment à "pendre"
 les homosexuels.

Reporté, pas enterré !
L’ajournement de la session parlementaire ne veut pas dire que le texte est définitivement abandonné. Que du contraire. Les députés peuvent effectivement décider de le réexaminer lors de la prochaine session. Le président de l’assemblée, Edward Ssekandin, a déjà prévenu : « Au cas où nous aurions besoin de nous réunir à nouveau, nous le ferons. » « Nous devons attendre », a pour sa part commenté le député à l’origine du projet, David Bahati. « Nous avons déjà fait beaucoup en soulevant le débat et cela continuera », a-t-il assuré. Des propos qui font froid dans le dos. Les partisans du texte surfent en fait sur un sentiment homophobe largement partagé au sein de la population. Certains tabloïds appellent même fréquemment  à « pendre » les homosexuels ! David Kato, militant homosexuel en vue, a d’ailleurs été tué en janvier dernier. Une affaire de droit commun, d’après la police. 
                                                                                                                                                 
Si le texte venait de nouveau à être examiné par le Parlement, la mobilisation internationale reprendra de plus belle. Les Etats-Unis, qui se sont empressés de qualifier le projet de loi d’abject et d’odieux, ont menacé la semaine passée de couper l’aide américaine à l’Ouganda, pourtant allié privilégié des Etats-Unis. Toutes les aides multilatérales en provenance du Fonds Monétaire International ou de la Banque mondiale pourraient être gelées si le projet de loi venait à être adopté.
David Kato était un militant des droits des homosexuels.
 Il a été assassiné en janvier dernier dans des circonstances floues.

La pétition qui circule sur internet :

Lutte contre l'homophobie et la transphobie : un combat de tous les jours

Ce mardi a lieu la 7e journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie. Dans plus dans 70 pays à travers le monde, des actions sont menées ce 17 mai en vue de sensibiliser les opinions publiques aux discriminations et violences subies par les gays, lesbiennes et transsexuels. Une date qui n'a pas été choisie au hasard. Le 17 mai 1990, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) retirait l'homosexualité de la liste des maladies mentales. Depuis, des avancées concernant notamment les droits de la communauté LGBT ont pu être constatées dans plusieurs pays. Mais les mentalités n'ont pas évolué au même rythme. Contrairement à l'idée largement répandue aujourd'hui d'un respect quasi total des homosexuels, lesbiennes et transsexuels, on constate que les comportements homophobes sont en recrudescence.

Hier soir, à la veille donc de cette journée de luttre contre l'homophobie, un groupe Facebook très homophobe faisait son apparition. Avec un nom qui se passe de tout commentaire : "Pour que les pédés et les gouinasses soient gazés." Ce groupe n'a toujours pas été fermé et ce malgré les nombreux signalements postés sur son "mur". Que l'on ne s'y trompe pas. Cet exemple est loin d'être l'exception.

Si l'importance de cette journée de lutte contre l'homophobie ne doit en aucun cas être remise en cause, il est cependant important de souligner que c'est chaque jour que doivent être dénoncés et sanctionnés les comportements à caractère homophobe. De l'insulte à l'agression physique, rien ne doit être laissé au hasard.

Le slam du coming out

"J'ai choisi ma danse." Voilà le titre du projet musical du rappeur Lester Bilal et du réalisateur et photographe Fabien Lemaire. Les deux hommes veulent faire bouger les consciences au service des victimes de l'homophobie. Et le choix du slam n'est pas anodin. Le but est de toucher le plus grand nombre, notamment les jeunes.

La mise en scène retrace les pas d'un enfant devenu jeune homme qui tombe amoureux et décide de faire son coming out à ses parents. Ce n'est que progressivement que le spectateur est jeté dans l'histoire d'amour entre les deux hommes. "Je ne voulais pas commencer directement par le lieu commun gay, ça aurait écarté beaucoup d’hétéros alors que les paroles ont été écrites pour eux. C’est une façon de garder leur attention", explique Fabien Lemaire.