C'est la fin d'un tabou au sein de l'armée US. Le 20 septembre prochain devrait entrer en vigueur aux Etats-Unis l'abrogation de la loi dite du "don't ask, don't tell". Cette loi, dont le Sénat avait voté la suppression le 18 décembre 2010, interdisait jusqu'à présent aux soldats gays et lesbiennes de révéler leur orientation sexuelle sous peine de renvoi. C'est ainsi que depuis son adoption en 1993, quelque 14 000 soldats avaient été renvoyés de l'armée. L'abrogation de cette loi permettra désormais à tous les homosexuels chassés de l'armée de réintégrer les rangs.
Le président américain, Barack Obama, a précisé vendredi 22 juillet que l'armée US était prête à accueillir des homosexuels dans ses rangs. Il a certifié au Congrès que la préparation des forces armées en vue d'accueillir des gays et des lesbiennes était achevée et que le tabou pouvait être levé. « Nous avons franchi aujourd'hui la dernière étape essentielle vers la fin de cette loi qui viole les principes américains de justice et d'égalité », a déclaré Barack Obama dans un communiqué.
Mais l'abrogation du "don't ask, don't tell" fait grincer des dents dans les milieux conservateurs. Certains élus, essentiellement républicains, et certains hauts gradés de l'armée craignent que cela nuise à l'efficacité des soldats au combat. Le président de la commission de la Défense de la Chambre des représentants, le républicain Buck McKeon, juge de son côté utile de demander à l'administration de « remettre immédiatement au Congrès les évaluations effectuées par les différents services sur l'impact de l'abrogation sur les troupes afin de s'assurer qu'elles ne sont pas désorganisées par la mesure ».
Précisons que la nouvelle loi n'avait été votée en décembre par le Sénat qu'après la publication d'une étude révélant que 70 % des 115 000 militaires interrogés étaient favorables à l'abrogation du tabou homo. Chez les Marines par contre, corps d'élite de l'armée US, 40 à 60 % des sondés dans le cadre de la même étude voyaient d'un mauvais œil la fin du "don't ask, don't tell".


