mercredi 27 juillet 2011

Etats-Unis : Ask ! Tell !

C'est la fin d'un tabou au sein de l'armée US. Le 20 septembre prochain devrait entrer en vigueur aux Etats-Unis l'abrogation de la loi dite du "don't ask, don't tell". Cette loi, dont le Sénat avait voté la suppression le 18 décembre 2010, interdisait jusqu'à présent aux soldats gays et lesbiennes de révéler leur orientation sexuelle sous peine de renvoi. C'est ainsi que depuis son adoption en 1993, quelque 14 000 soldats avaient été renvoyés de l'armée. L'abrogation de cette loi permettra désormais à tous les homosexuels chassés de l'armée de réintégrer les rangs.

Le président américain, Barack Obama, a précisé vendredi 22 juillet que l'armée US était prête à accueillir des homosexuels dans ses rangs. Il a certifié au Congrès que la préparation des forces armées en vue d'accueillir des gays et des lesbiennes était achevée et que le tabou pouvait être levé. « Nous avons franchi aujourd'hui la dernière étape essentielle vers la fin de cette loi qui viole les principes américains de justice et d'égalité », a déclaré Barack Obama dans un communiqué.

Mais l'abrogation du "don't ask, don't tell" fait grincer des dents dans les milieux conservateurs. Certains élus, essentiellement républicains, et certains hauts gradés de l'armée craignent que cela nuise à l'efficacité des soldats au combat. Le président de la commission de la Défense de la Chambre des représentants, le républicain Buck McKeon, juge de son côté utile de demander à l'administration de « remettre immédiatement au Congrès les évaluations effectuées par les différents services sur l'impact de l'abrogation sur les troupes afin de s'assurer qu'elles ne sont pas désorganisées par la mesure ».

Précisons que la nouvelle loi n'avait été votée en décembre par le Sénat qu'après la publication d'une étude révélant que 70 % des 115 000 militaires interrogés étaient favorables à l'abrogation du tabou homo. Chez les Marines par contre, corps d'élite de l'armée US, 40 à 60 % des sondés dans le cadre de la même étude voyaient d'un mauvais œil la fin du "don't ask, don't tell".


mercredi 13 juillet 2011

Belgique : ton sang, tu ne donneras pas !

Les homosexuels toujours exclus du don de sang

Un homme ayant eu des rapports sexuels avec un autre homme ne pourra jamais donner son sang en Belgique. Voici l’un des nombreux critères qui régissent le don de sang dans notre pays. Dans le « guide du donneur » publié par la Croix-Rouge de Belgique, on explique que le donneur ne peut en aucun cas présenter un risque de maladies transmissibles par le sang. Et le texte poursuit :


« Le risque de contaminer un receveur trouve son origine dans le don d’une personne infectée mais toujours en période silencieuse (période durant laquelle nos tests de laboratoire ne détectent pas la maladie, bien qu’elle soit présente dans l’organisme. »

Voilà pourquoi une entrevue avec un médecin ou un professionnel de la santé est organisée avant chaque don. De plus, des analyses de laboratoire sont effectuées sur le sang prélevé pour pouvoir identifier toute anomalie. Ces analyses comprennent notamment le dépistage de maladies transmissibles par le sang (hépatites B et C, VIH, syphilis…). La procédure est clairement réglementée par une directive européenne qui exclut de facto certaines catégories de personnes du don de sang :


Prenons un exemple concret : d'un côté un couple stable, de l'autre un homme changeant fréquemment de partenaires. Ah oui, petit détail, c'est un couple d'homosexuels. Les deux conjoints seront ni plus ni moins exclus définitivement du don de sang. Ils ne pourront même pas entamer la procédure afin de se porter candidats. L’homme changeant fréquemment de partenaire pourra, lui, attendre quatre mois, passer un test, et ensuite, si le test est négatif évidemment, donner son sang. Ah oui, il est hétérosexuel. La liste des personnes exclues du don de sang met en fait sur le même pied des catégories qui présentent effectivement un risque et les homosexuels en général que l’on suppose porteurs de maladies transmissibles par le sang.

Alors qu’en Belgique l’interdiction pour les homosexuels est définitive, la réglementation est plus « souple » dans d’autres pays. Quitte à être absurde. La Suède, par exemple, permet au donneur homosexuel de redevenir candidat... après un an d’abstinence. 

Quand la sécurité discrimine…

Du côté des associations LGBT, on ne laisse pas passer cette discrimination. « La sécurité du sang est une chose mais il faut mettre dans la balance les dégâts en termes social et d’exclusion. Pour beaucoup de gens, le don de sang est une action citoyenne », explique Thierry Delaval, président de la Fédaration Arc-en-ciel Wallonie. Et de poursuivre : « Ce sont les pratiques à risque qu’il faut exclure, pas une partie de la population. » L’Institut Scientifique de Santé Publique, la Fédération Arc-en-ciel Wallonie, la Croix-Rouge et la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS), tentent de trouver en concertation une solution face à ce critère « mal formulé ». Discriminatoire.


Le « guide du donneur » de la Croix-Rouge de Belgique en PDF :


mardi 12 juillet 2011

Californie : les livres d’histoire LGBT vont-il bientôt sortir du placard ?

Les élèves californiens bientôt plus
ouverts d'esprit que leurs aînés ?
Les élèves de Californie pourraient bientôt se voir enseigner l’histoire LGBT. La balle est dans le camp du gouverneur. Le démocrate Jerry Brown devrait en effet signer – ou pas – dans moins de deux semaines le projet de loi voté la semaine passée par le Sénat californien et qui propose de bannir les discriminations à l’encontre de l’histoire et de la culture LGBT dans les programmes scolaires américains. Concrètement, le « FAIR (Fair, Accurate, Inclusive and Respectful) Education Act » prévoit de reconnaître officiellement dans les manuels scolaires les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels. « Ce projet de loi exigera que les écoles de Californie présentent une vue plus précise et nuancée de l'histoire américaine en reconnaissant dans les programmes les succès obtenus par des groupes qui ne sont pas souvent reconnus », a déclaré le sénateur gay John Pérez.

Si le projet de loi a pu franchir l’étape du Sénat, c’est essentiellement grâce aux voix démocrates. Le texte ne plaît évidemment pas aux républicains. Tous les regards sont à présent tournés vers le gouverneur californien qui fait d’ailleurs depuis le vote au Sénat l’objet de nombreuses pressions émanant principalement des républicains et des associations conservatrices. Pour ces dernières, « les responsables politiques ne sont pas élus pour intégrer leur idées politiques dans l'éducation publique. Seuls des enseignants qualifiés devraient établir les programmes scolaires. » D’autres groupes hostiles à ce projet de loi affirment qu’il affaiblirait les droits des parents alors que des milliers d’entre eux en Californie le désapprouveraient.

Le gouverneur californien maintient pour le moment le suspense sur ses intentions.



« Je pense que c'est une chose de dire que nous devrions être tolérants. C'en est une autre de dire que mes enfants vont apprendre que ce style de vie est bon. »

Un sénateur républicain.


Une association familiale californienne clairement anti-LGBT presse le gouverneur Jerry Brown à opposer son veto au FAIR Education Act :



Mise à jour : Le mercredi 13 juillet, le gouverneur californien signe le projet de loi et permet ainsi son entrée en vigueur. La Californie devient le premier Etat américain à inclure dans ses programmes scolaires l'enseignement de l'histoire des mouvements LGBT. "L'histoire se doit d'être honnête", a déclaré le démocrate Jerry Brown. Et de poursuivre : "This bill revises existing laws that prohibit discrimination in education and ensures that the important contributions of Americans from all backgrounds and walks of life are included in our history books."