mardi 27 mars 2012

Slovénie : le nouveau code de la famille recalé par référendum

Les résultats du référendum qui s’est tenu dimanche en Slovénie sont encore partiels mais on sait déjà que c’est le « non » qui l’a emporté contre toute attente. La consultation a été marquée par un très faible taux de participation (moins de 30 %) et alors que 80 % des bulletins de vote ont été dépouillés, le « non » l’emporte avec  56,73 %. 42,27 % des électeurs ont voté pour la loi.
Les Slovènes étaient en fait amenés à se prononcer sur un nouveau code de la famille qui offrait, entre autres, plus de droit aux personnes homosexuelles, notamment en matière d’adoption. Ces derniers pouvaient obtenir « le même statut légal » que les couples hétérosexuels mariés, y compris en matière d’héritage et de fiscalité. Le texte permettait aussi à l’un ou l’une des deux partenaires d’adopter l’enfant de l’autre.

Au placard pendant un an

La faible participation a sans conteste avantagé les conservateurs, hostiles au texte, et qui ont tendance à mieux mobiliser leur électorat. Le nouveau code de la famille avait été adopté l’année passée lors de la précédente législature, de centre-gauche,  mais il n’a jamais pu être appliqué en raison de la forte mobilisation de groupes civils conservateurs. Ces derniers avaient finalement obtenu les 40 000 signatures nécessaires à l’organisation d’un référendum devant décider de l’application ou non du texte.
Le « non » de ce dimanche aura une conséquence immédiate : le Parlement ne pourra rediscuter du texte que dans un an.


(Avec AFP)


Le président slovène, Danilo Türk, a remis implicitement en cause, dimanche, la pratique des référendums.


jeudi 22 mars 2012

France : marche arrière de François Hollande sur la PMA

Les célibataires finalement exclues du droit à la procréation médicalement assistée dans le projet du candidat socialiste


Le candidat socialiste à la présidentielle 
a accordé un entretien au magazine Têtu.


Photo : AFP

A l’époque où il était candidat à la primaire socialiste, François Hollande se disait prêt à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) « à toutes les femmes », tant aux couples qu’aux célibataires. Aujourd’hui, ce droit est réservé aux couples hétérosexuels infertiles.
Dans sa réponse à un questionnaire de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), il se dit maintenant favorable à l’ouverture de ce droit uniquement pour « les couples de femmes ». « François Hollande reste dans un schéma traditionnel de la famille qui s’inscrit dans un couple alors que les familles monoparentales existent et que les célibataires peuvent adopter », réagit Mathieu Nocent, porte parole de l’APGL.
La réponse du candidat socialiste à la présidentielle reste cependant (volontairement ?) ambiguë. « Une femme doit pouvoir recourir à l’assistance médicale à la procréation, soit parce qu’elle ne peut pas avoir d’enfant, soit parce qu’elle ne souhaite pas avoir une relation avec un homme », écrit François Hollande.

Un autre pas en arrière sur la gestation pour autrui

Le candidat recule aussi sur le thème de la gestation pour autrui (GPA). Alors que François Hollande, bien qu’hostile à la cette pratique, envisageait alors qu’il n’était pas encore le candidat officiel du PS pour l’élection présidentielle la reconnaissance par l’état civil des enfants nés de mères porteuses à l’étranger, il déclare à présent au magazine Têtu du mois d’avril : « Si j’ouvrais cette question-là, ça pourrait être finalement une facilité donnée à la gestation pour autrui. » Avant de renvoyer la question à un « débat » ultérieur. 



samedi 17 mars 2012

Etats-Unis : le colocataire de Tyler Clementi jugé coupable


Dharun Ravi invitait sur Twitter d'autres
personnes à visionner en direct
les ébats de son colocataire.
Dharun Ravi, qui avait espionné par webcam son colocataire homosexuel avant que ce dernier mette fin à ses jours en l'apprenant, vient d'être condamné par une Cour du New Jersey. Il risque jusqu'à 10 ans de prison, reconnu coupable de 15 chefs d'accusation dont les plus graves sont l'intimidation motivée par un préjugé et la violation de la vie privée. Âgé aujourd'hui de 20 ans, Dharun Ravi n'a par contre pas été reconnu directement responsable du suicide de son colocataire.
Les faits remontent à 2010. Dharun, étudiant indien qui vient réaliser une partie de ses études à l'université de Rutgers, aux Etats-Unis, partage alors une chambre pour quelques semaines avec Tyler Clementi, 18 ans. Un soir, Dharun cache une webcam dans leur chambre pour filmer les ébats de son colocataire avec un homme. Une vidéo retransmise en direct sur Internet et largement commentée sur Twitter. "Roommate asked for the room till midnight. I went into Molly’s room and turned on my webcam. I saw him making out with a dude. Yay." Voilà le tweet posté par Dharun ce soir-là. Quelques jours plus tard, le 22 septembre 2010, Tyler décide de mettre fin à ses jours en sautant du haut du pont George Washington.

Prévenir de futurs cas de "cyberbullying"

Après les faits, Dharun Ravi aurait tenté de faire pression sur des témoins et de dissimuler des preuves. Une attitude qui pourrait lui coûter cher. Il  sera quoi qu'il arrive fixé sur sa peine le 21 mai prochain. Le père de Tyler quant à lui n'a pas commenté la condamnation. Il espère simplement que ce drame serve à prévenir de futurs cas de "cyberbullying", cet harcèlement via la Toile et principalement via les réseaux sociaux. Les observateurs du procès ont à ce sujet regretté que la problématique ait été absente des débats au tribunal.