lundi 21 novembre 2011

Russie : le mot « gay » près d'être banni des discussions sous peine d’amende


Des manifestants LGBT se font arrêter
 pour avoir osé s'exprimer publiquement.
Un projet de loi très controversé à Saint-Pétersbourg est en train de mobiliser les défenseurs des droits de l’Homme au pays du président Medvedev. S’il est adopté, le texte permettra de condamner à une amende les auteurs de faits de « propagande homosexuelle » auprès de mineurs. Il vient d’être approuvé en première lecture au parlement local de la deuxième ville de Russie et deux lectures sont encore nécessaires avant que le projet ne prenne force de loi. 


D’après le texte proposé par les députés du parti au pouvoir, Russie Unie – le parti du président Dimitri Medvedev et de son Premier ministre Vladimir Poutine –, toute personne commettant un « acte public » de promotion de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité à l’adresse de mineurs peut être condamnée à une amende allant jusqu’à 72 euros. Les organisations, elles, risquent de devoir débourser entre 240 et 1 200 euros.

Le texte ne définit pas le terme d’« acte public », ce qui fait craindre aux défenseurs des droits de l’Homme qu’il puisse être utilisé pour réprimer les manifestations en faveur des droits des homosexuels. Des manifestations par ailleurs déjà régulièrement interdites en Russie où l’homophobie gangrène la société (voir article du 28 mai).

Une pétition circule sur Internet pour pousser les dirigeants à travers le monde à faire pression sur les autorités russes afin qu’elles abandonnent ce projet de loi discriminatoire et liberticide. Elle est disponible à l'adresse suivante : www.allout.org/en/actions/russia_silenced.


(Avec AFP)



Quelques réactions :

« Le parti du président Medvedev et du Premier ministre Poutine, actuellement au pouvoir, pourrait d’une simple signature rendre des millions de personnes invisibles. »

All Out,
communauté mondiale en ligne qui se mobilise pour faire respecter les droits et les libertés des personnes LGBT.





Ce projet de loi a pour but « de mettre un terme au flot d’informations immorales qui circulent parmi les enfants et les jeunes ». 

Vitali Milonov
défenseur du texte.


Cette loi « contredit les normes légales russes et internationales ».

Le Centre Mémorial contre les discriminations de Saint Pétersbourg
groupe de défense des droits de l’Homme.



mercredi 2 novembre 2011

Serbie : un député épinglé par la justice pour discrimination


Dragan Markovic, maire de Jagodina (centre du pays), député au parlement serbe et membre de la coalition au pouvoir, vient d'être épinglé par la justice suite à des propos discriminatoires à l’égard de la communauté homosexuelle. En août dernier, Markovic avait déclaré : « La position de la Serbie unifiée (son parti politique) et ma position est que nous sommes contre toute manifestation où les homosexuels manifestent dans les rues de Belgrade en voulant présenter comme normale une chose qui est une maladie. »
Le tribunal de Belgrade « a constaté que M. Markovic a commis un acte de grave discrimination et lui a enjoint de ne plus se livrer à de tels propos », a indiqué Me Aleksandar Olenik, avocat de l'Alliance gay-straight (GSA), une ONG vouée à la défense des droits de la communauté homosexuelle. Me Olenik a précisé que M. Markovic, qui avait déjà tenu par le passé des propos hostiles envers les homosexuels, devra également assurer les frais de cette procédure en justice.

Rapidité de la justice

« Ce dossier revêt une importance stratégique car c’est la première fois qu’un verdict pour discrimination est prononcé contre un homme politique en Serbie », a indique la GSA qui se dit par ailleurs « satisfaite de la rapidité avec laquelle cette affaire a été traitée par la justice ».
Le verdict du tribunal de Belgrade à l'encontre de Dragan Markovic intervient suite à l'interdiction début octobre de la Gay Pride par les autorités serbes. Une interdiction justifiée officiellement par des questions de sécurité (voir article du 2 octobre). La Gay Pride de l'année dernière avait été suivie d'affrontements très violents entre les forces de l'ordre et des groupes de la mouvance ultra-nationaliste violemment homophobes.

(Avec AFP)


La Gay Pride d'octobre avait été annulée suite aux violents
affrontements survenus en 2010.