samedi 28 mai 2011

Moscou : la Gay Pride interdite attaquée par des fondamentalistes religieux et réprimée par la police

Des violences ont éclaté ce samedi dans la capitale russe pendant une marche pour la défense des droits des homosexuels. La marche avait auparavant été interdite par les autorités mais elle a tout de même été organisée. Les manifestants, agitant des drapeaux arc-en-ciel et des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire « La Russie n’est pas l’Iran ! », ont été attaqués par des fondamentalistes orthodoxes. La police est alors intervenue, plaquant au sol les militants homosexuels comme leurs assaillants, avant de les conduire dans des camionnettes.

Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles le Français Louis-Georges Tin, fondateur de la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, le célèbre militaire gay américain Dan Choi ou le Britannique Peter Tatchell, pionnier des défilés en faveur de l'égalité des droits pour les homosexuels.

Depuis leur première demande en 2006, les homosexuels n'ont jamais obtenu le droit de manifester à Moscou et toutes leurs tentatives ont été dispersées sans ménagement par la police.


A 13h, Dan Choi poste ce tweet :




Il est 13h06 lorsque le Français Louis-Georges Tin, retenu par la police, réussi à envoyer cet sms :

"Je suis désormais dans une cellule de confinement de 60 cm sur 60 cm, sans air, sans eau, dans une chaleur suffocante. Les autorités européennes doivent en tirer toutes les conséquences et retirer à la Russie son droit de vote à l'assemblée parlementaire !"

Louis-Georges Tin sera libéré dans l'après-midi.

Les deux  premières vidéos de l'attaque de la Gay Pride de Moscou sont postées sur Youtube à 13h50 :

 

 

jeudi 19 mai 2011

Johannesburg : "Loving Lulu" bouleverse les idées reçues

La pièce de théâtre raconte l’histoire d’une jeune femme hétéro sur le point de se marier et qui tombe sous le charme de sa prof de gym. Une histoire d’amour va naître entre les deux femmes. Humour, légèreté, sensualité, avec tout de même quelques scènes assez osées pour un public sud-africain plutôt prude. Un public qui paraît pourtant assez enthousiaste une fois le rideau tombé. « Je m’attendais à quelque chose d’assez dramatique et j’ai finalement trouvé ça amusant et différent de ce que l’on voit d’habitude », explique un spectateur de 27 ans qui précise être « 100 %hétéro ».                                                           
Le portrait est sans tabou. La jeune auteure et actrice sud-africaine Noxolo Tshabangu a choisi de briser les clichés sur l’homosexualité. « Au début, nous voulions faire une pièce militante, qui parlerait des difficultés rencontrées par les lesbiennes, de la défense de leurs droits… », explique celle qui a co-écrit la pièce avec Bruce Koche et qui y joue l’un des rôles principaux. « Et puis finalement, poursuit-elle, je me suis rendu compte que j’avais envie d’écrire une histoire d’amour. Une histoire qui dirait qu’il est naturel de s’aimer et que l’amour peut prendre différentes formes. » Pas de victimisation, donc, mais une mise en avant de la liberté de choix.
Un climat d’homophobie
Cette pièce arrive dans un climat pour le moins tendu en Afrique du Sud puisqu’une jeune lesbienne vient d’être assassinée sauvagement alors qu’elle sortait d’un bar du township de Kwa-Thema, à 80 kilomètres à l’est de Johannesburg. Un fait horrible qui rappelle à nouveau à quel point l’homophobie gangrène encore le pays.                                                                                       
« La pièce est destinée à pousser les gens à s’interroger, à tester leur réel niveau d’acceptation », explique Noxolo Tshabangu. Pour certains, la jeune auteure prêche devant un public convaincu en présentant son spectacle au Market Theatre, réputé progressiste. Mais Noxolo leur répond que « l’homophobie ne se cantonne pas aux townships ». « Certaines personnes prétendent qu’elles acceptent les gays mais ont encore beaucoup de préjugés », souligne la jeune femme.
« Loving Lulu » participera donc sans conteste à éveiller les consciences. Au service des nombreux gays et lesbiennes sud-africains qui n’osent même pas évoquer leur homosexualité, craignant pour leur vie.

mercredi 18 mai 2011

"It Gets Better Project" : des témoignages qui peuvent sauver

 


Tout commence en septembre 2010. L’auteur et chroniqueur Dan Savage poste alors sur Youtube une vidéo réalisée avec son copain et destinée à redonner espoir aux jeunes gays et lesbiennes fatigués de devoir faire face quotidiennement aux discriminations en tout genre. Leur mot d’ordre : oui, la situation s’améliore ! Le projet « It Gets Better » est né. Un projet qui depuis ne cesse de prendre de l’ampleur. Plus de 10 000 vidéos ont été postées jusqu’à présent. Des témoignages remplis d’espoir pour tous les jeunes qui ne parviennent pas à se projeter dans l’avenir du fait de leur homosexualité.

Des vidéos de personnalités sont également disponibles sur le site internet du projet. On peut ainsi voir Barack Obama, Hillary Clinton, Adam Lambert ou encore Colin Farrell apporter leur soutien. Des chefs d’entreprises gays et lesbiennes évoquent également leur expérience, permettant ainsi aux jeunes LGBT de constater qu’homosexualité et réussite professionnelle ne sont pas du tout incompatibles.

Le site internet met par ailleurs en lumière un autre projet appelé « The Trevor Project ». Son but : réduire le taux de suicide parmi les jeunes LGBT. Une ligne téléphonique permet à ces jeunes de recevoir des conseils avisés en permanence. Et on peut imaginer à quel point ce type d’initiative est important quand on sait qu’un jeune LGBT sur trois à déjà tenté de mettre fin à ses jours.




Dan et Terry expliquent la naissance du projet.

La première Gay Pride du Monténégro annulée par ses organisateurs

Faute de soutien de la part du gouvernement, les organisateurs de la première Gay Pride du Monténégro ont décidé d'annuler cette dernière. Elle devait normalement avoir lieu de 31 mai dans la capitale, Podgorica, mais ses organisateurs ont précisé qu'elle ne sera organisée que "lorsque le gouvernement sera prêt à [leur] offrir son véritable soutien et pas seulement des déclarations de soutien". Le gouvernement est notamment critiqué pour avoir échoué à nommer son représentant dans le comité d'organisation de la parade.

Ministre des Minorités ? "Humiliant !"

L'annulation de cette première Gay Pride est à replacer dans un contexte général d'hostilité à l'égard des homosexuels dans les Balkans. Le Monténégro, pays à la société traditionnelle et patriarcale, reste pariculièrement fermé sur le sujet.

A titre d'exemple pour le moins révélateur, le ministre monténégrin des Minorités, Ferhat Dinosa, a récemment déclaré s'être senti humilié en apprenant que la situation des homosexuels relevait de son portefeuille. Un autre exemple, s'il en fallait encore un. Un sondage vient de révéler que 70 % des monténégrins considéraient encore l'homosexualité comme une maladie.

On comprend aisément que dans ce contexte, les organisateurs de la première Gay Pride aient décidé d'annuler l'événement. Un événement dont le bon déroulement n'était clairement pas garanti. La communauté LGBT du Monténégro devra patienter. Encore et encore...


mardi 17 mai 2011

Ouganda : le projet de loi anti-gays reporté sous la pression internationale

Après 1,6 millions de signatures, des dizaines de milliers d'appels téléphoniques aux gouvernants, des centaines d'articles de presse et un véritable tollé mondial, les responsables politiques ougandais ont finalement reporté l'adoption du désormais tristement célèbre projet de loi homophobe. Un projet de loi défendu par des extrémistes religieux et qui prévoit ni plus ni moins la peine de mort en cas, notamment, de transmission du sida lors de relations homosexuelles. La première version du texte, elle aussi abandonnée après de vives pressions internationales, prévoyait même de punir toute discussion publique sur l'homosexualité et de poursuivre les parents, professeurs ou encore médecins d'homosexuels.  
                                                                                                                                    
Le vote de la deuxième version du projet de loi qui devait normalement avoir lieu vendredi 13 mai est donc reporté. Mais il faut souligner que le code pénal ougandais réprime déjà très fortement l'homosexualité. Il prévoit par exemple la réclusion à perpétuité pour toute personne reconnue coupable de relation homosexuelle.


Certains tabloïds appellent fréquemment à "pendre"
 les homosexuels.

Reporté, pas enterré !
L’ajournement de la session parlementaire ne veut pas dire que le texte est définitivement abandonné. Que du contraire. Les députés peuvent effectivement décider de le réexaminer lors de la prochaine session. Le président de l’assemblée, Edward Ssekandin, a déjà prévenu : « Au cas où nous aurions besoin de nous réunir à nouveau, nous le ferons. » « Nous devons attendre », a pour sa part commenté le député à l’origine du projet, David Bahati. « Nous avons déjà fait beaucoup en soulevant le débat et cela continuera », a-t-il assuré. Des propos qui font froid dans le dos. Les partisans du texte surfent en fait sur un sentiment homophobe largement partagé au sein de la population. Certains tabloïds appellent même fréquemment  à « pendre » les homosexuels ! David Kato, militant homosexuel en vue, a d’ailleurs été tué en janvier dernier. Une affaire de droit commun, d’après la police. 
                                                                                                                                                 
Si le texte venait de nouveau à être examiné par le Parlement, la mobilisation internationale reprendra de plus belle. Les Etats-Unis, qui se sont empressés de qualifier le projet de loi d’abject et d’odieux, ont menacé la semaine passée de couper l’aide américaine à l’Ouganda, pourtant allié privilégié des Etats-Unis. Toutes les aides multilatérales en provenance du Fonds Monétaire International ou de la Banque mondiale pourraient être gelées si le projet de loi venait à être adopté.
David Kato était un militant des droits des homosexuels.
 Il a été assassiné en janvier dernier dans des circonstances floues.

La pétition qui circule sur internet :

Lutte contre l'homophobie et la transphobie : un combat de tous les jours

Ce mardi a lieu la 7e journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie. Dans plus dans 70 pays à travers le monde, des actions sont menées ce 17 mai en vue de sensibiliser les opinions publiques aux discriminations et violences subies par les gays, lesbiennes et transsexuels. Une date qui n'a pas été choisie au hasard. Le 17 mai 1990, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) retirait l'homosexualité de la liste des maladies mentales. Depuis, des avancées concernant notamment les droits de la communauté LGBT ont pu être constatées dans plusieurs pays. Mais les mentalités n'ont pas évolué au même rythme. Contrairement à l'idée largement répandue aujourd'hui d'un respect quasi total des homosexuels, lesbiennes et transsexuels, on constate que les comportements homophobes sont en recrudescence.

Hier soir, à la veille donc de cette journée de luttre contre l'homophobie, un groupe Facebook très homophobe faisait son apparition. Avec un nom qui se passe de tout commentaire : "Pour que les pédés et les gouinasses soient gazés." Ce groupe n'a toujours pas été fermé et ce malgré les nombreux signalements postés sur son "mur". Que l'on ne s'y trompe pas. Cet exemple est loin d'être l'exception.

Si l'importance de cette journée de lutte contre l'homophobie ne doit en aucun cas être remise en cause, il est cependant important de souligner que c'est chaque jour que doivent être dénoncés et sanctionnés les comportements à caractère homophobe. De l'insulte à l'agression physique, rien ne doit être laissé au hasard.

Le slam du coming out

"J'ai choisi ma danse." Voilà le titre du projet musical du rappeur Lester Bilal et du réalisateur et photographe Fabien Lemaire. Les deux hommes veulent faire bouger les consciences au service des victimes de l'homophobie. Et le choix du slam n'est pas anodin. Le but est de toucher le plus grand nombre, notamment les jeunes.

La mise en scène retrace les pas d'un enfant devenu jeune homme qui tombe amoureux et décide de faire son coming out à ses parents. Ce n'est que progressivement que le spectateur est jeté dans l'histoire d'amour entre les deux hommes. "Je ne voulais pas commencer directement par le lieu commun gay, ça aurait écarté beaucoup d’hétéros alors que les paroles ont été écrites pour eux. C’est une façon de garder leur attention", explique Fabien Lemaire.