mercredi 13 juillet 2011

Belgique : ton sang, tu ne donneras pas !

Les homosexuels toujours exclus du don de sang

Un homme ayant eu des rapports sexuels avec un autre homme ne pourra jamais donner son sang en Belgique. Voici l’un des nombreux critères qui régissent le don de sang dans notre pays. Dans le « guide du donneur » publié par la Croix-Rouge de Belgique, on explique que le donneur ne peut en aucun cas présenter un risque de maladies transmissibles par le sang. Et le texte poursuit :


« Le risque de contaminer un receveur trouve son origine dans le don d’une personne infectée mais toujours en période silencieuse (période durant laquelle nos tests de laboratoire ne détectent pas la maladie, bien qu’elle soit présente dans l’organisme. »

Voilà pourquoi une entrevue avec un médecin ou un professionnel de la santé est organisée avant chaque don. De plus, des analyses de laboratoire sont effectuées sur le sang prélevé pour pouvoir identifier toute anomalie. Ces analyses comprennent notamment le dépistage de maladies transmissibles par le sang (hépatites B et C, VIH, syphilis…). La procédure est clairement réglementée par une directive européenne qui exclut de facto certaines catégories de personnes du don de sang :


Prenons un exemple concret : d'un côté un couple stable, de l'autre un homme changeant fréquemment de partenaires. Ah oui, petit détail, c'est un couple d'homosexuels. Les deux conjoints seront ni plus ni moins exclus définitivement du don de sang. Ils ne pourront même pas entamer la procédure afin de se porter candidats. L’homme changeant fréquemment de partenaire pourra, lui, attendre quatre mois, passer un test, et ensuite, si le test est négatif évidemment, donner son sang. Ah oui, il est hétérosexuel. La liste des personnes exclues du don de sang met en fait sur le même pied des catégories qui présentent effectivement un risque et les homosexuels en général que l’on suppose porteurs de maladies transmissibles par le sang.

Alors qu’en Belgique l’interdiction pour les homosexuels est définitive, la réglementation est plus « souple » dans d’autres pays. Quitte à être absurde. La Suède, par exemple, permet au donneur homosexuel de redevenir candidat... après un an d’abstinence. 

Quand la sécurité discrimine…

Du côté des associations LGBT, on ne laisse pas passer cette discrimination. « La sécurité du sang est une chose mais il faut mettre dans la balance les dégâts en termes social et d’exclusion. Pour beaucoup de gens, le don de sang est une action citoyenne », explique Thierry Delaval, président de la Fédaration Arc-en-ciel Wallonie. Et de poursuivre : « Ce sont les pratiques à risque qu’il faut exclure, pas une partie de la population. » L’Institut Scientifique de Santé Publique, la Fédération Arc-en-ciel Wallonie, la Croix-Rouge et la ministre de la Santé, Laurette Onkelinx (PS), tentent de trouver en concertation une solution face à ce critère « mal formulé ». Discriminatoire.


Le « guide du donneur » de la Croix-Rouge de Belgique en PDF :


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