Quelques paragraphes et une polémique qui enfle dans l'Hexagone à quelques semaines de la rentrée scolaire. La Direction générale de l’enseignement scolaire a décidé de sensibiliser les lycéens de Première L et ES à la question du genre et de l’orientation sexuelle en insérant dans tous les manuels de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) un chapitre intitulé « Devenir homme ou femme ». Dans l'ouvrage édité par Bordas (il y a cinq éditeurs différents), on peut lire que « l’identité sexuelle – le fait de se sentir homme ou femme – dépend du genre conféré à la naissance et du conditionnement social. (…) L’orientation sexuelle, quant à elle, relève de la sphère privée. Je peux être un homme et être attiré par les femmes mais je peux aussi me sentir 100 % viril et être attiré par les hommes ». Le nouveau chapitre a donc notamment pour but de différencier clairement identité de genre et orientation sexuelle afin de lutter contre les stéréotypes et les préjugés qui empoisonnent souvent la vie des personnes homosexuelles.
| Les insultes et comportements homophobes sont légion en milieu scolaire. |
Mais ces quelques paragraphes passent mal pour une partie de la droite catholique qui souhaite ni plus ni moins boycotter les livres afin que cette partie du programme soit définitivement retirée. L’association « Familles de France » a d'ailleurs récemment envoyé une lettre sans équivoque au président français Nicolas Sarkozy : « Vous connaissez parfaitement la théorie du genre. Cette idée philosophique, contestable s'il en est, nous revient des milieux féministes d'outre-Atlantique. » Et d’ajouter : « Les familles ont parfaitement compris les objectifs des concepteurs : orienter les jeunes vers des expériences sexuelles diverses, considérant que le sexe social est plus important que le sexe biologique. »
De son côté, la fédération SUD Etudiant se « réjoui de l’avancée dans la lutte contre les discriminations ». Elle dénonce « les réactions de certains courants religieux et réactionnaires qui tentent de faire pression sur le gouvernement afin de supprimer le chapitre ». Au ministère de l’Education Nationale, on tape du poing sur la table et on s’agace d’une polémique qui dure et qui n’a « pas lieu d’être ». On renvoie à une déclaration tenue le mois passé par le ministre de l’Education Nationale Luc Chatel : « Les programmes se contentent d'affirmer la distinction entre l’identité sexuelle, qui relève de la sphère publique, et l’orientation sexuelle, qui relève de la sphère privée, avec l'objectif de lutter contre les préjugés, ce qui correspond aux valeurs de la République que l'Ecole transmet. »
Epinglé : A mille lieues de la France, la lutte contre l'homophobie commence dès l'école primaire à Berlin où le Sénat vient de mettre en place un vaste programme de lutte contre les disciminations liées à l'orientation sexuelle : http://www.tetu.com/actualites/international/a-berlin-la-lutte-contre-lhomophobie-commence-a-lecole-primaire-19991
Epinglé : A mille lieues de la France, la lutte contre l'homophobie commence dès l'école primaire à Berlin où le Sénat vient de mettre en place un vaste programme de lutte contre les disciminations liées à l'orientation sexuelle : http://www.tetu.com/actualites/international/a-berlin-la-lutte-contre-lhomophobie-commence-a-lecole-primaire-19991
A la Une du Monde - 11/12 septembre 2011 :
Les paragraphes qui font polémique dans le manuel édité par Bordas :
ce qui est dingue, c'est que ce texte du manuel scolaire est rempli d'inexactitudes et de raccourcis! ils parlent d'identité sexuelle là où les "théories du genre" pourfendues et pourtant scientifiques parlent d'identité de genre, ainsi que de transexualisme, terme également rejeté par les théories du genre au profit de "transgendérisme", terme moins stigmatisant et moins lié à la psychiatrie.
RépondreSupprimerperso je ne le trouve pas valable non plus, mais pas pour les mêmes raisons que les polémiqueurs apparemment :)