La pièce de théâtre raconte l’histoire d’une jeune femme hétéro sur le point de se marier et qui tombe sous le charme de sa prof de gym. Une histoire d’amour va naître entre les deux femmes. Humour, légèreté, sensualité, avec tout de même quelques scènes assez osées pour un public sud-africain plutôt prude. Un public qui paraît pourtant assez enthousiaste une fois le rideau tombé. « Je m’attendais à quelque chose d’assez dramatique et j’ai finalement trouvé ça amusant et différent de ce que l’on voit d’habitude », explique un spectateur de 27 ans qui précise être « 100 %hétéro ».
Le portrait est sans tabou. La jeune auteure et actrice sud-africaine Noxolo Tshabangu a choisi de briser les clichés sur l’homosexualité. « Au début, nous voulions faire une pièce militante, qui parlerait des difficultés rencontrées par les lesbiennes, de la défense de leurs droits… », explique celle qui a co-écrit la pièce avec Bruce Koche et qui y joue l’un des rôles principaux. « Et puis finalement, poursuit-elle, je me suis rendu compte que j’avais envie d’écrire une histoire d’amour. Une histoire qui dirait qu’il est naturel de s’aimer et que l’amour peut prendre différentes formes. » Pas de victimisation, donc, mais une mise en avant de la liberté de choix.
Un climat d’homophobie
Cette pièce arrive dans un climat pour le moins tendu en Afrique du Sud puisqu’une jeune lesbienne vient d’être assassinée sauvagement alors qu’elle sortait d’un bar du township de Kwa-Thema, à 80 kilomètres à l’est de Johannesburg. Un fait horrible qui rappelle à nouveau à quel point l’homophobie gangrène encore le pays.
« La pièce est destinée à pousser les gens à s’interroger, à tester leur réel niveau d’acceptation », explique Noxolo Tshabangu. Pour certains, la jeune auteure prêche devant un public convaincu en présentant son spectacle au Market Theatre, réputé progressiste. Mais Noxolo leur répond que « l’homophobie ne se cantonne pas aux townships ». « Certaines personnes prétendent qu’elles acceptent les gays mais ont encore beaucoup de préjugés », souligne la jeune femme.
« Loving Lulu » participera donc sans conteste à éveiller les consciences. Au service des nombreux gays et lesbiennes sud-africains qui n’osent même pas évoquer leur homosexualité, craignant pour leur vie.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire