mardi 17 mai 2011

Ouganda : le projet de loi anti-gays reporté sous la pression internationale

Après 1,6 millions de signatures, des dizaines de milliers d'appels téléphoniques aux gouvernants, des centaines d'articles de presse et un véritable tollé mondial, les responsables politiques ougandais ont finalement reporté l'adoption du désormais tristement célèbre projet de loi homophobe. Un projet de loi défendu par des extrémistes religieux et qui prévoit ni plus ni moins la peine de mort en cas, notamment, de transmission du sida lors de relations homosexuelles. La première version du texte, elle aussi abandonnée après de vives pressions internationales, prévoyait même de punir toute discussion publique sur l'homosexualité et de poursuivre les parents, professeurs ou encore médecins d'homosexuels.  
                                                                                                                                    
Le vote de la deuxième version du projet de loi qui devait normalement avoir lieu vendredi 13 mai est donc reporté. Mais il faut souligner que le code pénal ougandais réprime déjà très fortement l'homosexualité. Il prévoit par exemple la réclusion à perpétuité pour toute personne reconnue coupable de relation homosexuelle.


Certains tabloïds appellent fréquemment à "pendre"
 les homosexuels.

Reporté, pas enterré !
L’ajournement de la session parlementaire ne veut pas dire que le texte est définitivement abandonné. Que du contraire. Les députés peuvent effectivement décider de le réexaminer lors de la prochaine session. Le président de l’assemblée, Edward Ssekandin, a déjà prévenu : « Au cas où nous aurions besoin de nous réunir à nouveau, nous le ferons. » « Nous devons attendre », a pour sa part commenté le député à l’origine du projet, David Bahati. « Nous avons déjà fait beaucoup en soulevant le débat et cela continuera », a-t-il assuré. Des propos qui font froid dans le dos. Les partisans du texte surfent en fait sur un sentiment homophobe largement partagé au sein de la population. Certains tabloïds appellent même fréquemment  à « pendre » les homosexuels ! David Kato, militant homosexuel en vue, a d’ailleurs été tué en janvier dernier. Une affaire de droit commun, d’après la police. 
                                                                                                                                                 
Si le texte venait de nouveau à être examiné par le Parlement, la mobilisation internationale reprendra de plus belle. Les Etats-Unis, qui se sont empressés de qualifier le projet de loi d’abject et d’odieux, ont menacé la semaine passée de couper l’aide américaine à l’Ouganda, pourtant allié privilégié des Etats-Unis. Toutes les aides multilatérales en provenance du Fonds Monétaire International ou de la Banque mondiale pourraient être gelées si le projet de loi venait à être adopté.
David Kato était un militant des droits des homosexuels.
 Il a été assassiné en janvier dernier dans des circonstances floues.

La pétition qui circule sur internet :

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